Envoyé pour une vie nouvelle

Chants : ARC 208 ; 416, 1.3.4 ;  ; 427 ;
Lectures : AT : Gen. 12,1-4a
Épître : 1Cor. 1, 18-25 Évangile : =pr.
PR : Lc 5, 1-11

Quand un entrepreneur a besoin d’un ouvrier, il met une annonce dans le journal et se tourne vers l’ANPE. Un professeur de violon qui cherche des élèves, mettra une annonce dans le journal et des affiches dans les écoles.
Une Église en manque de pasteur envoie des lettres à tous les pasteurs susceptibles de changer de poste, pour leur dire, « voyez, nous avons besoin de vous », et aussi « nous vous offrons… » (un beau presbytère, le ski et la mer à portée de main, dix catéchètes et onze prédicateurs, et ce qu’on imagine qui pourrait intéresser un candidat). Ça s’appelle recrutement.
Jésus sait bien qu’il a besoin d’hommes qui l’entourent. Pour le connecter à la terre, peut-être. Pour continuer la proclamation du Royaume de Dieu quand Jésus ne sera plus là – sûrement. Alors, qu’est-ce qu’il fait ?
Il recrute, bien sûr. Mais à sa manière. Allons voir. Lire la suite

invité à s’engager

Lectures : AT : És. 25, 6-9
Épître : Phil. 4, 12-20 Évangile : =pr.
PR : Mt. 22, 1-14

Grâce et paix vous soient données de la part de Dieu notre Père et de notre Seigneur Jésus-Christ ! Amen.
Cette parabole, dans la version que nous transmet Matthieu, ne manque pas de violence. Des messagers maltraités et tués en passant par la mission punitive qu’envoie ce roi jusqu’à ce pauvre bougre qui se trouve dans la salle royale visiblement sans savoir pourquoi et comment, et qui pour son ignorance est sévèrement puni.
Est-ce que c’est un passage digne de l’anniversaire de l’ACAT qui s’engage depuis 40 ans contre toute sorte de violence et notamment de violence d’état et de gouvernement ? Et je pourrais aller plus loin et demander si ce passage n’est pas en contradiction avec le message du Christ qui nous demande de tendre l’autre joue et d’aimer nos ennemis. Ce n’est pas ce que fait ce « roi humain » dans la parabole ! Lire la suite

le vrai jeûne

culte pour l’A.G. de l’entr’aide protestante

Chants : ARC 223 ; 548 ; 541 ; —
Lectures : AT : =pr.
Épître : —- Évangile : —-
PR : Es. 58, 1-14

Les prophètes d’Israël ont souvent le devoir douloureux de rappeler à l’ordre un peuple qui fait ce qu’il veut, qui ne remplit que machinalement ses obligations religieuses et qui se porte très bien : il y a de l’argent, on vit bien, la religion c’est une tradition qu’on respecte pour le souvenir des parents et grands-parents, qu’est-ce qu’il faut de plus ? Dans cette situation, le prophète doit dire : reprenez vous, repentez-vous, les choses vont changer parce que Dieu est plus qu’une tradition, en fait il n’est pas du tout une tradition mais entièrement être vivant présent devant vous, et il est fâché à cause de votre style de vie.
Ce n’est pas du tout le message de ce matin. Il s’adresse au contraire, à une communauté désireuse de faire ce que Dieu attend d’elle, qui cherche à être proche de Dieu – et qui lui clame vivement son secours. Jour et nuit les fidèles cherchent à savoir comment faire plaisir à Dieu, comment lui faire bouger alors qu’il semble faire l’oreille dure. Ils crient leurs souffrances de sorte que le prophète doit donner de toute sa voix pour se faire entendre, qu’il doit claironner comme un troupeau d’oies. Mais toute leur application rituelle n’arrive pas à toucher le cœur de Dieu. Toute leur soumission, leur humiliation devant Dieu, leurs jeûnes, restent sans réponse. Lire la suite

voyez l’agneau !

Ce dimanche j’étais invité à donner l’homélie à l’église catholique. Je n’ai donc pas indiqué de chants.
Lectures : AT : Es 49, 5-6
Épître : 1Cor. 1, 1-3 Évangile : =pr
PR : Jn 1, 29-34
L’Évangile de la plume de Jean est une pièce grandiose. Presque comparable à un opéra. Notre passage de ce matin se situe juste après l’ouverture – le prologue. Jean le Baptiste entre en scène, avec quelques représentants de l’autorité religieuse et politique qui le questionnent. Puis – et c’est notre passage – il voit Jésus passer. Pour nous spectateurs, Jésus est pour l’instant juste une ombre au fond de la scène. Le Baptiste – que j’appelle ainsi pour le distinguer de l’évangéliste – le Baptiste l’aperçoit donc et dit cette étonnante parole qui nous est devenu chant liturgique : « voici l’agneau de Dieu qui porte le péché du monde. » Et il nous fait part de sa rencontre avec Jésus.
Dans la dramaturgie de cet Évangile de Jean, le Baptiste est celui qui prépare la venue de Jésus, en tous les sens. Dès le moment que Jésus prend le devant de la scène, c’est à dire juste après notre passage, il perd des disciples au profit de Jésus, et s’efface. Nous le verrons encore une seule fois, juste après l’épisode de Nicodème, où il dit la fameuse parole « lui, il doit grandir, et moi, diminuer. » Et il disparaît une fois pour toutes. Lire la suite

Accueillir un enfant

Chants : ARC 138  ; 616, 1.3.4  ; 428, 1.2.5  ; —
Lectures : AT : Jér. 11, 18-20
Epître : (Jac. 3,16-4,3) Évangile : =pr.

PR : Mc. 9, 30-37
Cette lecture nous en dit loin sur la nature humaine. Nous nous trouvons dans une maison à Kapharnaüm, une maison qui probablement appartient à Jésus. En chemin vers cette maison, passant par les déserts pour être sûr que personne ne les entende, Jésus a révélé à ses disciples que bientôt il serait livré aux mains de ceux qui lui veulent du mal, qu’il serait mis à mort, mais ressusciterait au bout de trois jours.
Maintenant, il leur demande de quoi ils ont discuté sur le chemin. Déjà nous savons qu’ils avaient fait comme de bons catéchumènes  : ils n’avaient rien compris de ce que Jésus disait, mais ils n’avaient pas osé demander. Mais maintenant, est-ce que au moins ils ont réfléchi entre eux, est-ce qu’ils ont discuté de ce que leur maître venait de leur dire, pour éventuellement arriver à mieux cerner son message  ? Loin de là  ! Ils n’osent pas l’avouer, tout comme ils n’avaient pas osé avouer leur ignorance, mais – comme de petits écoliers, ils s’étaient chamaillés pour savoir lequel d’entre eux était le plus grand. Le genre de compétition inutile comme les gamins cherchant à qui crache le plus loin, qui peut roter l’alphabet ou uriner ses initiales dans la neige. Une gaminerie parfaitement bien pour se distraire, pour ne pas réfléchir sur ce lourd message qui vient de leur être donné. Lire la suite

Salarié ?

Chants : —-  ; —  ; —  ;
Lectures : AT : Job 7, 1-4.6-7
Epître : = PR Évangile : Mc 1, 29-39
PR : 1Cor 9, 16-19.22-23

« Annoncer l’Évangile est une nécessité qui s’impose à moi, malheur à moi si je ne le fais pas  ! »
Par ces mots, Paul décrit tout son ministère apostolique, depuis la conversion aux portes de Damas jusqu’à son voyage vers Rome et la mort certaine. J’annonce l’Évangile parce que je ne peux faire autrement.
Et Paul ajoute ce qui pourrait causer des soucis aux pasteurs autant qu’aux curés  : « je ne veux pas de salaire pour le service que je rends en annonçant l’Évangile ! » Or, le droit français est clément avec nous, ni les curés ni les pasteurs ne sont considérés comme salariés. Mais nous n’avons pas besoin de gagner notre vie par un métier productif à côté de notre ministère – alors que des pasteurs évangéliques ont un métier salarié et une activité pastorale pleinement bénévole. Et plus encore que nous ici en « Vieille France », nos collègues en Alsace et Moselle entendent parfois comme ce pasteur à vocation tardive, le jour de son ordination, quand sa tante lui disait  : « Etz häschs g’schafft, Pierri, etz bisch fonctionnaire ! » Maintenant tu y es arrivé, tu es fonctionnaire. Mais, dites-moi, est-ce là une motivation valable d’aspirer au ministère de pasteur ou de prêtre  ? Est-ce qu’on devient ministre de l’Église pour l’argent, pour une bonne situation  ? Lire la suite