Un peu d’huile

Lectures : AT: Es.50,4-9                           Epître: Phil.2,5-11

Evangile: Jn.12,12-19

Pr : Mc.14,3-9

Ils sont ensemble à Béthanie. C’est un village devant les portes de Jérusalem, à une jetée de pierre du mont des Oliviers que Jésus aime tant. C’est là qu’ils se reposent, à quelques jours de la grande fête nationale. Déjà, sur la grande route pas loin, il y a des embouteillages par tous ces gens qui viennent à Jérusalem pour les fêtes, qui veulent tous être les premiers à y arriver parce qu’ils n’ont pas réservé leurs chambres d’hôtel. Personne ne veut dormir dans l’étable. Eux, ils sont chez Simon le Lépreux. Ah, Bethanie, le village des pauvres, ce n’est pas la Promenade des Anglais, c’est sûr. Mais pour des itinérants qui ne sont pas riches, c’est correct.

C’est là que surgit une femme. Elle tient dans la main un flacon précieux contenant une huile précieuse, certifiée pour l’usage rituel. Sans dire un mot elle brise le flacon et verse tout le contenu sur la tête de Jésus. Ils sont choqués. Dans la maison du Lépreux, au milieu du village des pauvres, elle déverse ainsi une fortune ! Lire la suite

Changer de vie

Chants : ARC 89 ; 562 ; 571 ; 575 ;
Lectures : AT: És. 42,1-9 Epître: Rom. 12,1-8
Evangile: Mt.3,13-17 = pr.
Pr : Mt.3,13-17 (lu à la fin)
Il est là, au bord du Jourdain, et souvent au milieu du fleuve. Jean, celui qu’ils appellent le baptiseur. Là, loin des grandes villes, loin de la capitale, il a élu domicile. Altermondialiste avant l’heure, il se vêtit d’une cotte en poil dur et se nourrit de ce qu’il trouve dans la nature. Et il parle. À haute voix. C’est dur à entendre, ce qu’il dit, quand il traite les gens de tous les noms et leur dit à quel point ils sont à côté de la plaque. On peut dire que plus ils se croient corrects et respectables, plus Jean les descend dans la boue. Peu imaginable, qu’ils viennent de loin pour l’écouter et pour se faire rabaisser.
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au creux de Galilée

Chants : ARC 118, 1.4.5.6 ; 480 ; 475 ; 471 ; 477 ; 890

Lectures : AT : 1Sam. 2, 1-2.6-8a

Epître : 1Cor 15, 1-11 Évangile : Mc 16, 1-8

PR : Mt 28, 1-10

Tout était prévu, tout était fixé et ficelé. Elles avaient tout surveillé, comment le corps de Jésus avait été embaumé selon les règles, dans la mesure du possible alors que le Sabbat arrivait et qu’on n’avait pas le temps, et que le tombeau était bien fermé. Joseph d’Arimathie s’en était occupé, mais elles avaient tout observé.

La partie adverse, les détenteurs du pouvoir religieux et public, avaient également pris leurs dispositions. Certes, ils n’avaient pas osé envoyer un surveillant pour s’assurer que Jésus était bien embaumé, que le caveau était bien fermé. Mais ils avaient obtenu une garde militaire devant la sépulture. Ah, ils s’en souvenaient, qu’il avait annoncé de revenir après trois jours. Il fallait bien qu’on garde son corps, afin de couper l’herbe sous les pieds d’un éventuel usurpateur venant se présenter comme Jésus. N’avait-on pas entendu parler d’un jumeau ? Non, on ne devait pas prendre de risque, il fallait surveiller la tombe.

Durant le jour du Seigneur, tout est resté calme. Évidemment. Aucun juif n’oserait violer le Sabbat. La grande pierre est bien restée à sa place. Le soir est tombé, la deuxième nuit. Et voilà. La semaine commence. Et les femmes reviennent, pour continuer et accomplir ce qui avait été fait hâtivement l’avant-veille.

Il y a des jours que rien ne va comme prévu. Lire la suite

Pas de preuves

Chants : ARC 201 ; 610 ; 618 ; 616, 1.4
Lectures : AT : Es. 5, 1-7
Épître : Rom. 5, 1-5 Évangile : Mc 12, 1-12
PR : Mt. 12, 38-42
Ils veulent voir des preuves. Prouve-nous que tu es vraiment envoyé de Dieu ! Ça se comprend. N’est-il pas préférable d’avoir des preuves, de ne pas aveuglément donner sa confiance au premier venu ? N’avez-vous jamais eu le désir d’en voir, des preuves du bien-fondé de notre foi ? Ne serait-ce que pour pouvoir dire, tu vois, avec tout le mal qui se passe, Dieu est quand même là !
La réponse de Jésus est sèche et consternante : Vous vous détournez de Dieu, et vous demandez une preuve irréfutable ? Vous pouvez attendre ! Mais pourquoi ne veut-il pas ainsi renforcer notre confiance ? Lire la suite

respecter les saisons de Dieu

Chants : ARC 228 ; 119, 1-3 ; 525 ; 426

Lectures : AT : És. 55,1012a

Épître : Hébr. 4, 12-13 Évangile : Lc 8, 48(9-15)

PR : Mc. 4, 2629

Voilà un texte pour les jardiniers parmi nous. Je n’en suis pas trop, ce qui me réussit le mieux ce sont les mûres sauvages – il suffit de ne rien faire et vous aurez une récolte abondante.

C’était ma première lecture du passage : au printemps du sèmes, en automne tu récoltes, et entre les deux tu ne peux rien faire pour soutenir la croissance, donc tu attends, tu te reposes, ou tu fais autre chose. Lire la suite

indigne – ou juste remis à sa place ?

Chants : ARC 223,1-4 ; 143 ; 423 ; 539

Lectures : AT : Jér. 9,22-23

Épître : 1Cor. 9, 24-27 Évangile : Mt 20, 1-16a

PR : Lc. 17, 7-10

La parabole des serviteurs inutiles est un des passages les plus durs à digérer de tous les évangiles. Elle nous paraît à des années lumière du message du Dieu d’amour qui ne veut pas être un maître-esclavagiste mais un père.

Or, il y a deux types de lectures bibliques que nous risquons facilement de mal comprendre : celles qui nous arrangent, et celles qui nous contrarient. Le remède, dans les deux cas, est une étude approfondie du texte.

Plusieurs traductions contemporaines essaient de réduire la cruauté du passage, notamment du mot « inutile ». La TOB le rend par « serviteurs quelconques », la Bible en Français courant dit carrément « de simples serviteurs », et Maurice Carrez, éditeur du Nouveau Testament interlinéaire, traduit par « non indispensables ». Sauf que le grand dictionnaire nous apprend que le mot en question a bien le sens « inutile, bon à rien », peut-être pour notre verset aussi « misérable, indigne, sans valeur » (mais dans un sens non moralisateur). Mais attention, quand on insinue un sens particulier pour un seul texte, il faut bien veiller à ne pas falsifier le texte selon nos idées ! Lire la suite

Heureux qui peut croire

Chants : ARC 96 ; 628 ; 629 ; 607

Lectures : AT : 2Rois 5, (1-8)9-15(16-18)19a

Épître : Rom. 1, (1415)1617 Évangile : Mt 8, 5-13

PR : Jn. 4, 4654 lu plus tard

Jésus a fêté la Pâque à Jérusalem, puis traîné un peu par-ci et par-là, avant de quitter la Judée. Il a discuté avec la femme au puits, et maintenant il est de retour en Galilée. Écoutons le récit de Jean 4, 46-54.

Cana n’est pas loin de Nazareth. Pour descendre à Capharnaüm, il faut prévoir la journée. Si l’officier romain prie Jésus de faire ce chemin, ce n’est donc fort probablement pas pour obtenir un spectacle particulier. Au contraire, c’est par amour pour son fils, et souci de sa vie. L’évangéliste nous dit bien que le fils est mourant. Et pourtant, Jésus semble refuser la demande, comme si c’était une blague ou comme si on lui avait demandé de faire voler un bout de bois ou de faire disparaître une verrue sur la main. « Si vous ne voyez pas de miracles et de signes, vous ne croyez donc rien. » Lire la suite

Et la lumière est là !

Chants : ARC 72 ; 542 ; 316 ; 606

Lectures : AT : És. 42, 1-4(5-9)

Épître : Rom. 12, 1-3(4-8) Évangile : Mt 3, 13-17

PR : Mt. 4, 12-17

Le baptême de Jésus a eu lieu, au bord du Jourdain près de Jérusalem. Puis, Jésus a été amené dans le désert pour se confronter aux tentations diaboliques. Et voilà qu’il en est revenu. Et qu’il apprend que Jean a été arrêté.

Jésus retourne alors en Galilée. C’est certainement plus prudent : loin de Jérusalem, loin de la police d’Hérode. Matthieu nous avait raconté que pour la même raison, Joseph avait choisi Nazareth comme résidence au retour de l’exile égyptien.

Mais Jésus ne s’installe pas à Nazareth. Au contraire, il quitte la montagne et s’installe à Capharnaüm, au bord de la mer de Galilée, comme on appelle le lac de Génésareth. Lire la suite

Témoin non oculaire

Chants : ARC 367 ; 380 ; 552 ; 593

Lectures : AT : És. 60, 1-6  Épître : Eph. 3, 2-6 Évangile : Mt 2, 112

PR : Jn. 1, 1418

Un peu moins de deux semaines après Noël, le calendrier liturgique marque une grande fête qui passe souvent aux oubliettes, alors que le calendrier classique la valorisait plus que Noël : l’Épiphanie, la Fête de l’apparition du Seigneur. C’est le 6 janvier. Les dimanches suivants sont comptés « après l’Épiphanie », pas « après Noël ». Et le calendrier classique ne connaît pas de « dimanche ordinaire »…

Pour ce jour de l’Épiphanie, nous est proposé pour la prédication la fin de l’ouverture de l’Évangile selon Jean. L’Évangéliste a parlé de « la lumière », il a introduit Jean qui n’est pas la lumière mais qui la désigne, et il revient au terme de « la parole ». C’est comparable à un opéra baroque ; l’ouverture a été jouée par l’orchestre, et devant le rideau encore fermé s’est présenté un homme qui va nous donner l’introduction à la scène et à ce que nous allons voir et découvrir. C’est Jean le Baptiste. Mais bizarrement, alors que Jean y est déjà et s’apprête à prendre la parole, l’auteur lui-même monte sur scène et nous explique qui est Jean, et que Jean n’est pas le héros du spectacle. Lecture du texte. Lire la suite

Un visiteur

Chants : ARC 33 ; 173 ; 255 ; 311

Lectures : AT : És. 52, 7-10 Epître : Phil. 4, 4-7

Evangile : =pr

Pr : Lc. 1, 26-33(34-37)38

Imaginez qu’on sonne à votre porte alors que vous n’attendez rien ni personne. Qui est-ce que ça peut bien être ? Un représentant d’aspirateurs, un colporteur d’abonnements de journal – quand j’étais enfant, il y avaient encore des vendeurs d’encyclopédies, mais aujourd’hui on n’en imprime plus. Les pompiers. Les éboueurs. Le facteur, pour le calendrier. Les témoins de Jéhovah.

Eux tous ont en commun : ils font du porte-à-porte. Ils vont de l’un à l’autre sans distinction, sans faire de différence entre les maisons ou les personnes. Si demain vous les croisez dans la rue il y a de fortes chances qu’ils ne vous reconnaissent pas. Lire la suite