Pourtant, il est ressuscité !

Chants : ALL 34-07 ; 118,1.4.6 ; 34-13 ; 34-15 ; 34-18

Lectures : AT: 1Sam.2,1-8 Epître: 1Cor.15,1-11

Evangile: Mc.16,1-8

Pr : 1Cor.15,(12-18)19-28

Chers amis, frères et sœurs, c’est un gros œuf que l’apôtre Paul nous a mis dans le nid. J’ai pourtant choisi de vous le lire intégralement, car je crois que nous avons besoin de l’entendre de temps en temps. L’Évangile de Pâques chez Marc, et certains m’ont déjà fait savoir qu’ils ne l’aiment pas du tout, nous laisse perplexes. Il y a un jeune homme qui ne semble pas de ce monde, et trois femmes qui s’enfuient en courant, se cachent sans rien dire à personne. Car elles ont peur.

Une peur que nous connaissons, notamment après ce que nous avons vécu durant les dernières semaines. La peur de quelque chose que nous n’arrivons pas à voir, encore moins à prévoir. La peur de quelque chose qui dépasse notre imagination et notre compréhension. La peur qui nous enferme à la maison, et si ce n’est pas notre peur, c’est celle, tout à fait justifiée, des autres. La peur qui fait que certains achètent des tonnes de papier toilette ou de farine, des quantités qu’ils n’arriveront pas à consommer et qui manqueront aux autres. La peur qui fait qu’on applaudit les médecins et les infirmières, mais qu’on ne veut pas qu’ils habitent dans nos maisons. La peur, peur de mort.
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Ce qui tient ou ne tient pas

Chants : ARC 136, 1-5.9-10 ;253 ;  ; 536 ;
Lectures : AT : És. 29, 17-24
Épître : (Ac. 9, 1-9(10-20)) Évangile : Mc 7, 31-37
PR : 1Cor. 3, 9-15

Ma grand-mère avait un jeu de six petites cuillères à café en argent. Ma grande-tante avait les mêmes, en or. Avant la guerre, c’était un jeu de douze, toutes en or. Elles avaient été séparées, la moitié dans la maison de ville, l’autre dans la maison au bord de la mer. Après le bombardement de Hambourg, les cuillères retrouvées dans les débris de ce qui avait été leur maison, avaient perdu leur dorure. Leur âme, si j’ose dire, était en argent, et c’est elle qui est restée.
Ces cuillères ont passé par le feu, ont été éprouvées, et leur véritable nature a été révélée.
Ce dont parle l’apôtre ici aux Corinthiens, ce n’est pas l’enfer. Ce n’est pas non plus un temps de punition avant d’entrer quand même au paradis. Rien à voir.
Mais il écrit aux Corinthiens dans un souci œcuménique, si on veut. Il y a dans la communauté des gens qui se réfèrent à Paul, d’autres à Apollos, d’autres à Pierre ou à d’autres apôtres. Un peu comme nous nous référons à Calvin, Zwingli, Luther, et d’autres se réfèrent au pape. Et bien évidemment, chacun est convaincu que c’est lui seul qui détient la vérité, et que ceux qui ont d’autres références, sont dans l’erreur. Lire la suite

Tout à tous

Chants : ARC 36 ; 774 ; 538 ; 541 ;
Lectures : AT : Es. 55, 1-5
Épître : (Eph. 2, 17-22) Évangile : Lc 14, 16-24
PR : 1Cor. 9, 16-23
Dans ce chapitre 9, Paul explique que tout
ouvrier mérite salaire (tiens, c’est moderne!), et que lui, qui annonce l’Évangile, aurait tous les droits de demander aux Églises de le nourrir, loger, blanchir. Tiens, il parle de presbytère et de salaire de pasteur. C’est bien, je vais pouvoir vous en toucher un mot… ou bien, je laisse au trésorier le plaisir de vous annoncer l’état de nos finances…
Peut-être le fera-t-il juste avant l’offrande. Paul continue en disant que pour éviter tout malentendu, il renonce à ce droit. Qu’il travaille de ses mains pour se nourrir. Bon… il y a des Églises qui ont des pasteurs travaillant à côté, mais qui sont donc beaucoup moins présents dans la vie quotidienne des fidèles. C’est un choix de notre Église de ne pas suivre ce modèle. Or, dit Paul, et là nous arrivons dans notre passage, l’annonce de l’Évangile n’est pas pour moi un loisir. Je n’en ai justement pas de bénéfice. Si je le faisais par moi-même, je demanderais une indemnisation. Pour le temps investi, pour les frais engagés. Mais… ce n’est pas un loisir pour moi. C’est une corvée. Et donc, je ne demande rien aux Églises.
Une corvée. Un devoir auquel il ne peut point se soustraire. Ça paraît peu joyeux, peu compatible avec la liberté que nous apporte, dit-on, la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ. C’est pourtant ce que dit Paul. Lire la suite

Tout est permis… mais tout ne fait pas bien !

Chants : ARC 24, 1-5  ; 232  ; 534  ;
Lectures : AT : Es. 2, 1-5
Epître : Eph. 5, 8b-14 Évangile : Mt 5, 13-16

PR : 1Cor 6, 9-20
Ce sont des drôles de paroles que l’apôtre nous adresse ce matin. Nous sommes donc tous des gens corrects et modestes, et menons une vie bien honorable. Débauche, luxure, prostituées – ce n’est pas notre monde. Est-ce que je me trompe  ?
Et pourtant… Paul semble nous en accuser. Or, essayons de prendre ce discours par le sens figuré et aussi dans son contexte. Nous verrons plus clair.
En fait, Paul ne parle pas de ce qui a pu se passer avant que nous ayions connu le Seigneur. Que nous ayons été notables ou malfaiteurs, peu importe. Fils de bourgeois ou fils d’apôtre, fils de César ou fils de rien… tous nous sommes enfants de Dieu, et le passé ne compte plus.
C’est après que ça se complique, parce que nous ne vivons pas dans un sérail protégé de toutes les tentations, et s’il est vrai qu’il n’est pas primordial de faire ou ne pas faire, mais d’être, être enfant de Dieu, nous ne devrions quand même pas faire n’importe quoi. Lire la suite

Un autre esprit

Chants : ARC 100  ; 506  ; 509   et 248 (confirmation)
Lectures : AT : Nb. 11, 11-12.14-17.24-25
Epître : Act 2, 1-18 Évangile : Jn. 14, 23-27
PR : 1Cor 2, 12-16

« Nous avons la pensée du Christ. » Drôle de prétention, ça  ! Et qui plus est, Paul relève un verset du prophète Ésaïe, « qui a connu la pensée de Dieu pour pouvoir l’enseigner ? », pour y répondre, « nous avons la pensée du Christ », donc par toute logique, nous pouvons enseigner la pensée du Christ. Lire la suite

le corps du Christ

Chants : ARC 77  ; 525  ; 587  ;
Lectures : AT : Ex. 12, 1.3.4.6.7.11-14
Epître : 1Cor 11, 23-26 Évangile : Jn 13, 1-5.34-35
PR : 1Cor 10, 16-17

Le texte qui nous est donné ce soir pour la prédication se trouve dans la première lettre de l’apôtre Paul aux Corinthiens, au 10e chapitre, et nous l’avons déjà entendu tellement souvent, l’entendrons encore ce soir lors de la célébration de la Cène  :
La coupe de bénédiction que nous bénissons n’est-elle pas la communion au sang de Christ  ? Le pain que nous rompons n’est-il pas la communion au corps du Christ  ? Et Paul ajoute  : Puisqu’il y a un seul pain, nous qui sommes nombreux, nous formons un seul corps, car nous participons tous à un même pain.
En ces quelques mots, Paul nous fait faire le tour du secret de l’Église. En participant à un même pain, qui est communion au corps du Christ, nous devenons un corps. Nous mangeons du pain, nous devenons corps du Christ. Lire la suite

Salarié ?

Chants : —-  ; —  ; —  ;
Lectures : AT : Job 7, 1-4.6-7
Epître : = PR Évangile : Mc 1, 29-39
PR : 1Cor 9, 16-19.22-23

« Annoncer l’Évangile est une nécessité qui s’impose à moi, malheur à moi si je ne le fais pas  ! »
Par ces mots, Paul décrit tout son ministère apostolique, depuis la conversion aux portes de Damas jusqu’à son voyage vers Rome et la mort certaine. J’annonce l’Évangile parce que je ne peux faire autrement.
Et Paul ajoute ce qui pourrait causer des soucis aux pasteurs autant qu’aux curés  : « je ne veux pas de salaire pour le service que je rends en annonçant l’Évangile ! » Or, le droit français est clément avec nous, ni les curés ni les pasteurs ne sont considérés comme salariés. Mais nous n’avons pas besoin de gagner notre vie par un métier productif à côté de notre ministère – alors que des pasteurs évangéliques ont un métier salarié et une activité pastorale pleinement bénévole. Et plus encore que nous ici en « Vieille France », nos collègues en Alsace et Moselle entendent parfois comme ce pasteur à vocation tardive, le jour de son ordination, quand sa tante lui disait  : « Etz häschs g’schafft, Pierri, etz bisch fonctionnaire ! » Maintenant tu y es arrivé, tu es fonctionnaire. Mais, dites-moi, est-ce là une motivation valable d’aspirer au ministère de pasteur ou de prêtre  ? Est-ce qu’on devient ministre de l’Église pour l’argent, pour une bonne situation  ? Lire la suite

promesses électives ?

Chants : ALL 105  ; 41-26  ; 41-05  ;
Lectures : AT : Ex. 33, 17b-23
Epître : Rom. 12, 4-16 Évangile : Jn 2, 1-11
PR : 1Cor 2, 1-10

2012 est une année élective, dans l’Église et dans la République. En plus, nous pouvons suivre les primaires aux États Unis. Heureusement, notre Église ne connaît pas les campagnes électorales  !
Les campagnes électorales, les publicités à la télé, les discours de certains gourous – ils ont une chose en commun  : ils veulent nous embobiner. Ainsi, chacun se présente comme le plus fort, le plus beau, le moins cher, il démontre ses capacités multiples.
C’est ce que Paul appelle « le prestige de la parole ». Les beaux discours. Il parle aussi de « sagesse », ce qui désigne la connaissance et le savoir-faire. Ça aussi, on le trouve dans les publicités, et parfois dans les discours électoraux  : nous savons bien faire, nous faisons mieux que les autres. Lire la suite

Du bon constructeur

Lecture : 1Cor 3, 9-15
Si vous avez construit une maison, vous savez bien de quoi parle l’apôtre. Je l’ai bien vu l’an passé quand le terrain voisin de mes parents a été construit : avant tout, on pose un fondement qui porte tout ce qu’on voudra construire dessus. Après, le style et la conception des constructions peuvent varier ; ainsi, sur les fondements de l’ancien château français de Dijon, on a érigé le temple protestant… et certains architectes apposent fièrement leur nom sur la bâtisse dressée.
Paul en parle par rapport aux scissions qui s’étaient formées dans l’Église de Corinthe : les uns se disaient pauliniens, les autres apolliniens, les troisièmes se nommaient d’après Céphas, ce qui est le nom grec de Pierre… un phénomène que nous connaissons. Entre « luthériens », « calvinistes », « catholiques », « orthodoxes », « évangéliques » et autres « baptistes », sans oublier les environ cent trente-six autres dénominations, on risque de perdre le nord. Même si nous nous contentons de regarder le petit monde qui se dit protestant, nous ne voyons pas beaucoup plus clair : rien que la Fédération Protestante de France réunit en son sein 23 Églises et 81 Communautés, Institutions, Œuvres et Mouvements. Sans parler des innombrables Églises qui ne sont pas membres de la fondation… Lire la suite