Un seul coeur et une seule âme

Chants : ALL 12-07 ; 35-07 (1-2) ; (3-5) ; 36-30 ;

Lectures : AT: Jer.23,16-29 Epître: 1Jn.4,(13-16a)16b-21

Evangile: Lc.16,19-31

Pr : Ac.4,32-37

C’est beau, n’est-ce pas ? Presque trop beau pour être vrai. Et on parle d’une communauté de plusieurs milliers de membres actifs – non pas ceux qui sont notés sur un fichier mais qu’on ne voit jamais. Eux tous, les femmes comprises, étaient « un cœur et une âme », rien ne brouillait leur entente, et tout ce qu’ils possédaient était pour le bien commun.

Est-ce que c’est donc un rapport de réalité que Luc nous livre, ou un doux rêve pour le moins largement idéalisé ?

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Pourtant, il est ressuscité !

Chants : ALL 34-07 ; 118,1.4.6 ; 34-13 ; 34-15 ; 34-18

Lectures : AT: 1Sam.2,1-8 Epître: 1Cor.15,1-11

Evangile: Mc.16,1-8

Pr : 1Cor.15,(12-18)19-28

Chers amis, frères et sœurs, c’est un gros œuf que l’apôtre Paul nous a mis dans le nid. J’ai pourtant choisi de vous le lire intégralement, car je crois que nous avons besoin de l’entendre de temps en temps. L’Évangile de Pâques chez Marc, et certains m’ont déjà fait savoir qu’ils ne l’aiment pas du tout, nous laisse perplexes. Il y a un jeune homme qui ne semble pas de ce monde, et trois femmes qui s’enfuient en courant, se cachent sans rien dire à personne. Car elles ont peur.

Une peur que nous connaissons, notamment après ce que nous avons vécu durant les dernières semaines. La peur de quelque chose que nous n’arrivons pas à voir, encore moins à prévoir. La peur de quelque chose qui dépasse notre imagination et notre compréhension. La peur qui nous enferme à la maison, et si ce n’est pas notre peur, c’est celle, tout à fait justifiée, des autres. La peur qui fait que certains achètent des tonnes de papier toilette ou de farine, des quantités qu’ils n’arriveront pas à consommer et qui manqueront aux autres. La peur qui fait qu’on applaudit les médecins et les infirmières, mais qu’on ne veut pas qu’ils habitent dans nos maisons. La peur, peur de mort.
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Un peu d’huile

Lectures : AT: Es.50,4-9                           Epître: Phil.2,5-11

Evangile: Jn.12,12-19

Pr : Mc.14,3-9

Ils sont ensemble à Béthanie. C’est un village devant les portes de Jérusalem, à une jetée de pierre du mont des Oliviers que Jésus aime tant. C’est là qu’ils se reposent, à quelques jours de la grande fête nationale. Déjà, sur la grande route pas loin, il y a des embouteillages par tous ces gens qui viennent à Jérusalem pour les fêtes, qui veulent tous être les premiers à y arriver parce qu’ils n’ont pas réservé leurs chambres d’hôtel. Personne ne veut dormir dans l’étable. Eux, ils sont chez Simon le Lépreux. Ah, Bethanie, le village des pauvres, ce n’est pas la Promenade des Anglais, c’est sûr. Mais pour des itinérants qui ne sont pas riches, c’est correct.

C’est là que surgit une femme. Elle tient dans la main un flacon précieux contenant une huile précieuse, certifiée pour l’usage rituel. Sans dire un mot elle brise le flacon et verse tout le contenu sur la tête de Jésus. Ils sont choqués. Dans la maison du Lépreux, au milieu du village des pauvres, elle déverse ainsi une fortune ! Lire la suite

Dedans ou dehors

Lectures : AT: Gen.22,1-14(15-19)         Epître: Hébr.5,(1-6)7-9(10)

Evangile: Mc.10,35-45

Pr : Hébr.13,12-14

Frères et sœurs, nous vivons des temps contradictoires. Ces jours-ci il faut être solidaires en s’isolant, montrer son attention en gardant ses distances. Les habitants de notre pays vivent une monotonie bizarre et qu’on n’aurait pas imaginée il y a quelques semaines encore, entre le passage au supermarché, éventuellement le travail par télétransmission, les prises de nouvelles par téléphone même si c’est le voisin direct, et les dernières informations sur la propagation du virus, l’une plus alarmante que l’autre.

Certains paniquent. Paniquent en achetant 100 rouleaux de papier toilette, ou des tonnes de tomates en conserves et de pâtes sèches. Paniquent en restant devant les écrans, petits ou grands, à lire ce que nous ne comprenons pas, à écouter les experts de leurs propres grâces. Ou en bravant tous les interdits, « mangeons et buvons, car demain nous serons morts. » Ou dans deux semaines. Comment maintenant passer des chiffres de contamination, de maladie et de morts à cette lettre qu’un auteur inconnu a adressé à d’autres gens que nous ne connaissons pas, il y a presque 2000 ans ? Lire la suite

Mais qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu ?

Lectures : AT: És.5,1-7 Epître: Rom.5,1-5(6-11)
Evangile: Jn.3,14-21
Pr : Rom.5,1-5(6-11)
« Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu ? » Vous avez peut-être vu ce film, au cinéma ou à la télé. Un film qui invite à rire de bon cœur parce que les filles de ces braves catholiques franco-français leur ramènent des gendres juif, musulman, chinois et – catholique mais noir.
Cependant, j’entends souvent cette question, et dans des circonstances absolument pas ridicules. Qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu pour mériter ce qui m’arrive ? C’est alors un vrai cri du cœur, un cri dans lequel se mêlent la souffrance, l’incompréhension et la déception.
Aujourd’hui, ce même cri du cœur peut être motivé par la crise sanitaire que vit le monde, et son impact sur nos vies. Pourquoi cette maladie circule-t-elle, pourquoi m’empêche-t-elle de vivre ma vie comme avant, d’aller voir mes amis, mes enfants, mes petits-enfants, pourquoi faut-il interdire l’école aux enfants, pourquoi… Lire la suite

Changer de vie

Chants : ARC 89 ; 562 ; 571 ; 575 ;
Lectures : AT: És. 42,1-9 Epître: Rom. 12,1-8
Evangile: Mt.3,13-17 = pr.
Pr : Mt.3,13-17 (lu à la fin)
Il est là, au bord du Jourdain, et souvent au milieu du fleuve. Jean, celui qu’ils appellent le baptiseur. Là, loin des grandes villes, loin de la capitale, il a élu domicile. Altermondialiste avant l’heure, il se vêtit d’une cotte en poil dur et se nourrit de ce qu’il trouve dans la nature. Et il parle. À haute voix. C’est dur à entendre, ce qu’il dit, quand il traite les gens de tous les noms et leur dit à quel point ils sont à côté de la plaque. On peut dire que plus ils se croient corrects et respectables, plus Jean les descend dans la boue. Peu imaginable, qu’ils viennent de loin pour l’écouter et pour se faire rabaisser.
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au creux de Galilée

Chants : ARC 118, 1.4.5.6 ; 480 ; 475 ; 471 ; 477 ; 890

Lectures : AT : 1Sam. 2, 1-2.6-8a

Epître : 1Cor 15, 1-11 Évangile : Mc 16, 1-8

PR : Mt 28, 1-10

Tout était prévu, tout était fixé et ficelé. Elles avaient tout surveillé, comment le corps de Jésus avait été embaumé selon les règles, dans la mesure du possible alors que le Sabbat arrivait et qu’on n’avait pas le temps, et que le tombeau était bien fermé. Joseph d’Arimathie s’en était occupé, mais elles avaient tout observé.

La partie adverse, les détenteurs du pouvoir religieux et public, avaient également pris leurs dispositions. Certes, ils n’avaient pas osé envoyer un surveillant pour s’assurer que Jésus était bien embaumé, que le caveau était bien fermé. Mais ils avaient obtenu une garde militaire devant la sépulture. Ah, ils s’en souvenaient, qu’il avait annoncé de revenir après trois jours. Il fallait bien qu’on garde son corps, afin de couper l’herbe sous les pieds d’un éventuel usurpateur venant se présenter comme Jésus. N’avait-on pas entendu parler d’un jumeau ? Non, on ne devait pas prendre de risque, il fallait surveiller la tombe.

Durant le jour du Seigneur, tout est resté calme. Évidemment. Aucun juif n’oserait violer le Sabbat. La grande pierre est bien restée à sa place. Le soir est tombé, la deuxième nuit. Et voilà. La semaine commence. Et les femmes reviennent, pour continuer et accomplir ce qui avait été fait hâtivement l’avant-veille.

Il y a des jours que rien ne va comme prévu. Lire la suite

Pas de preuves

Chants : ARC 201 ; 610 ; 618 ; 616, 1.4
Lectures : AT : Es. 5, 1-7
Épître : Rom. 5, 1-5 Évangile : Mc 12, 1-12
PR : Mt. 12, 38-42
Ils veulent voir des preuves. Prouve-nous que tu es vraiment envoyé de Dieu ! Ça se comprend. N’est-il pas préférable d’avoir des preuves, de ne pas aveuglément donner sa confiance au premier venu ? N’avez-vous jamais eu le désir d’en voir, des preuves du bien-fondé de notre foi ? Ne serait-ce que pour pouvoir dire, tu vois, avec tout le mal qui se passe, Dieu est quand même là !
La réponse de Jésus est sèche et consternante : Vous vous détournez de Dieu, et vous demandez une preuve irréfutable ? Vous pouvez attendre ! Mais pourquoi ne veut-il pas ainsi renforcer notre confiance ? Lire la suite

respecter les saisons de Dieu

Chants : ARC 228 ; 119, 1-3 ; 525 ; 426

Lectures : AT : És. 55,1012a

Épître : Hébr. 4, 12-13 Évangile : Lc 8, 48(9-15)

PR : Mc. 4, 2629

Voilà un texte pour les jardiniers parmi nous. Je n’en suis pas trop, ce qui me réussit le mieux ce sont les mûres sauvages – il suffit de ne rien faire et vous aurez une récolte abondante.

C’était ma première lecture du passage : au printemps du sèmes, en automne tu récoltes, et entre les deux tu ne peux rien faire pour soutenir la croissance, donc tu attends, tu te reposes, ou tu fais autre chose. Lire la suite

indigne – ou juste remis à sa place ?

Chants : ARC 223,1-4 ; 143 ; 423 ; 539

Lectures : AT : Jér. 9,22-23

Épître : 1Cor. 9, 24-27 Évangile : Mt 20, 1-16a

PR : Lc. 17, 7-10

La parabole des serviteurs inutiles est un des passages les plus durs à digérer de tous les évangiles. Elle nous paraît à des années lumière du message du Dieu d’amour qui ne veut pas être un maître-esclavagiste mais un père.

Or, il y a deux types de lectures bibliques que nous risquons facilement de mal comprendre : celles qui nous arrangent, et celles qui nous contrarient. Le remède, dans les deux cas, est une étude approfondie du texte.

Plusieurs traductions contemporaines essaient de réduire la cruauté du passage, notamment du mot « inutile ». La TOB le rend par « serviteurs quelconques », la Bible en Français courant dit carrément « de simples serviteurs », et Maurice Carrez, éditeur du Nouveau Testament interlinéaire, traduit par « non indispensables ». Sauf que le grand dictionnaire nous apprend que le mot en question a bien le sens « inutile, bon à rien », peut-être pour notre verset aussi « misérable, indigne, sans valeur » (mais dans un sens non moralisateur). Mais attention, quand on insinue un sens particulier pour un seul texte, il faut bien veiller à ne pas falsifier le texte selon nos idées ! Lire la suite