Ma bénédiction…

Chants : ALL 41-06 ; 44-13 ; 42-03 ; 62-73

Lectures : AT: (És.6,1-8) Epître: Rom.11,33-36

Evangile: Jn.3,1-8

Pr : Nb.6,22-27 (lu après l’introduction)

Aujourd’hui est un jour de fête que nous oublions souvent. Or, il y a quelques siècles, la fête de la Pentecôte, tout comme celles de Pâques et de Noël, durait huit jours. On parlait d’une octave. L’octave de Pentecôte culminait dans la fête de la Sainte Trinité. Par l’Esprit Saint, nous pouvons accéder au Fils qui nous révèle le Père, et la Sainte Trinité nous rappelle que Père, Fils et Esprit, que nous distinguons pour leur attribuer certaines actions – le Père créateur, le Fils rédempteur, l’Esprit sanctificateur, par exemple – Père et Fils sont un, et l’Esprit Saint est leur souffle et donc un avec les deux. Ne nous perdons pas dans des réflexions du comment et des relations internes au Dieu un et en même temps trois personnes. Cela a occupé les théologiens des temps passés, ils s’en sont crêpé les chignons sans que cela fasse avancer en matière de foi. Disons que cela relève du mystère de Dieu qui nous sera révélé le jour venu.

Le jour de la Sainte Trinité est aussi le jour pivot entre la première partie de l’année liturgique, marquée par la vie du Christ et les fêtes christiques, et la deuxième partie qu’on appelle « le temps de l’Église ». Le fait qu’en ce jour nous nous retrouvons, pour la première fois depuis le début du carême, en prière et écoute de la Parole de Dieu, est hautement symbolique. Aujourd’hui, commence une nouvelle étape dans la vie de notre communauté. Une étape marquée encore par des contraintes, des restrictions – mais aussi par un soupir de libération : par la grâce de Dieu, nous sommes encore là, nous sommes encore Église, la communauté cordiale même si elle ne peut s’incarner se rétablit entre nous, ici et au loin.

Lire la suite

non au sacrifice

Chants : ARC 620 ;  ; 430

Lectures : AT : =pr.

Epître : Hébr 5, 7-9 Évangile : Mc 10, 35-45

PR : Gen 22, 1-13

Il y a des textes dans la Bible que nous connaissons tous depuis l’École Biblique, mais que nous trouvons probablement tous horribles. Un de ces textes nous est donné pour ce dimanche.

Oui, ce texte est horrible. Comment Dieu peut-il demander à un père de sacrifier son enfant ? Comment peut-il demander à celui avec qui il a conclu une alliance, de tuer l’enjeu majeur de cette alliance ?

A différents endroits dans la Bible, il est fait allusion à ce texte. Entre autres, pour montrer à quel point Abraham est obéissant. Qu’il préfère obéir à un ordre qui lui tord le cœur, plutôt que de raisonner, de dire à Dieu, « eh, vieux, t’as certainement oublié, mais, si le p’tit là, s’il n’est plus là, comment veux-tu que j’aie des petits-enfants et toute cette descendance que tu m’avais promis ? » Lire la suite

qui suis-je ?

Chants : ARC 97 ; 891 ; 427 ; 471 (après la Cène)
Lectures : AT : =PR.
Épître : 2Cor. 4, 6-10 Évangile : Mt 17, 1-9

PR : Ex. 3, 1-14
C’est une de ces histoires qu’on raconte autour du feu. Et aussi un moment décisif dans l’histoire des descendants de Jacob qu’on nomme Israël. Voyons donc le prince adopté, tiraillé entre deux peuples et deux cultures, fugitif pour avoir commis un crime capital, qui garde maintenant les brebis et les chèvres d’un prêtre madianite qui est aussi son beau-père – ce qui lui ajoute une troisième culture. Il traverse les steppes, et sur la montagne sacrée découvre un buisson en feu. « Je veux », dit-il, aller voir.

Et là, oyez vous qui voyiez, du buisson on l’appelle. Et il répond « me voici ». Il se voile le visage, il ne voit plus rien. Il ne voit pas Dieu qui se voile des flammes, se retire à la vue pour se révéler en parole. Lire la suite

Nostalgie…

Chants : ARC 107, 1.4.7.8; 593 ;  ; 582 ;
Lectures : AT : =pr.
Épître : Ac. 2, 41-47 Évangile : Jn 6, 1-15
PR : Ex. 16, 2-3.11-18

Un poème commence par ces lignes :
Autrefois, il n’y avait ni ordinateur, ni télévision,
Autrefois, les hommes avaient le temps de vivre leur union,
Autrefois, on savait quelle était la santé des voisins,
Autrefois, les villageois s’unissaient autour de grands festins.

Autrefois… Le groupe allemand « Wise Guys » (« gars sages ») chante « Früher, früher war alles besser ». Autrefois, tout était meilleur. Les pauvres étaient plus riches et les riches un peu plus pauvres. Les oreillers étaient plus doux, les étés plus chauds. Les jours plus clairs, les nuits plus longues, les jupes plus courtes, les débardeurs plus justes au corps. Il n’y avait que trois chaînes sur la télé, elles étaient tout aussi mauvaises qu’aujourd’hui, mais il n’y en avait que trois. Autrefois…
Et l’humoriste Karl Valentin savait : Autrefois, même l’avenir était meilleur. Lire la suite

Écoute, Israël…

Chants : ARC 151 ; 607 ; 761 ; 523 ;
Lectures : AT : =pr.
Épître : 1Jn. 4, 16b-21 Évangile : Lc 16, 19-31
PR : Dtn. 6, 4-9

Ma grand-mère avait un beau meuble de salon avec des portes vitrées. Mais on ne voyait pas la belle vaisselle dans le meuble, parce que les vitres étaient entièrement couvertes de photos. C’est là que j’ai fait la connaissance de mon arrière-grand-mère, chère à l’enfance de ma mère, et de mon arrière-grand-père mort en 1920 quand ma grand-mère n’avait que 7 ans.
Souvent lors de visites chez les personnes âgées, je vois un mur de cuisine ou de salon couvert de photos des enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants. Parfois aussi les photos en noir et blanc, légèrement jaunis ou déjà faits en couleur sépia, des parents et grands-parents.
Et chez nous, comme dans beaucoup de famillles probablement, les petits aimants sur le frigo retiennent la liste des courses, le rendez-vous de médecin à ne pas oublier, le numéro de téléphone à rappeler dans la soirée… de petits rappels partout.
Et les petits papiers jaunes qui se collent si facilement partout… nous avons tendance à les dénigrer, en les appelant « pense-bête », ou en allemand « pont à l’âne ». Mais c’est injuste. Parce que ces petits objets nous aident à renforcer notre mémoire, à nous souvenir de ce qui est important. Ce n’est point signe de faiblesse, mais au contraire de la volonté de structurer notre souvenir. Et en affichant aux endroits stratégiques ce que nous voulons garder en mémoire, nous créons notre mémoire. Lire la suite

Confiance dans la catastrophe

Chants : ARC 8, 3-6 ; 617 ; 615 ; 583
Lectures : AT : Es 51, 9-16
Épître : 2Cor. 1, 8-11 Évangile : Mc 4, 35-41
PR : Gen 8, 1-12

Il arrive qu’un plan de lectures vieux de quelques décennies nous fournisse un texte de prédication qui tombe vraiment à pic. J’ai préféré les textes du dimanche aux textes de la fête de la présentation du Christ au temple pour leur actualité.
Certes, les fortes marées de ce week-end n’ont pas grand’chose en commun avec le déluge, le phénomène reste limité aux secteurs côtiers et la mer ne couvrira certainement pas les montagnes, ni les Vosges ni les Pyrénées ni les Alpes.
Mais celui dont les biens sont menacés par les vagues, qui risque de perdre son toit et son commerce, voire qui se retrouve enfermé par les eaux au péril de sa vie, n’a rien à faire d’inondations plus fortes et violentes. Son existence, sa vie sont en danger, c’est ça et rien d’autre qui compte ! Lire la suite

Je serai avec toi

Chants : ARC 146, 1.3-5 ; 358, 1.3.4 ; 562 ; 534
Lectures : AT : = pr.
Épître : Rom.8, 12-17 Évangile : Lc 17, 11-19
PR : Gen. 28, 10-19a

Quand Martin Luther King disait qu’il faisait un rêve, I have a dream, il parlait d’une vision d’espérance pour le futur. Il aurait pu dire « j’espère vivement qu’un jour… » Quand nos enfants ou petits-enfants ont des désirs bien coûteux, nous leur disons peut-être : « rêve toujours ! » Ou même : « dans tes rêves ! »
Le rêve, c’est quand on voit quelque chose d’irréel. Dans nos rêves, nous sommes capables de voler comme des fées, ou au contraire collés au sol alors que le train ou le camion vole vers nous, dans nos rêves nous vivons des situations incroyables. Mais ce n’est pas réel. Ce qui est réel, c’est ce que nous voyons quand nous ouvrons les yeux.
Eh bien… Jacob, lui aussi, a rêvé. Il a fait un rêve assez étrange, avec des êtres que l’on ne trouve que très peu dans les premiers livres de la Bible : des anges. Mais lui, il en voit des myriades, qui montent et descendent sur cette échelle comme les stars de variété sur le grand escalier. Mieux encore, il voit Dieu lui-même en haut de l’échelle, qui lui parle. Lire la suite

déléguer pour supporter

Chants : ARC 100 ; 514 ; 506 ; 512
Lectures : AT : =pr.
Épître : Ac. 2, 1-18  Évangile : Jn 14, 23-27
PR : Nb 11, 11-12.14-17.24-25

Le chapitre 11 des Nombres est un chapitre de raz-le-bol. Les Israélites ont marre du désert et le disent, on était tellement bien en Égypte, on travaillait comme des bêtes, on se faisait voler les enfants, on se faisait battre, mais au moins on avait à bouffer tous les jours, et des plats variés. Là, on est mal, on n’a pas de travail mais on marche à longueur de journée, les marmots nous cassent le pied, et jour après jour on bouffe la manne. On n’en peut plus, elle nous sort par les narines.
Dieu a marre de ce peuple qui n’arrête pas de se plaindre, de râler pour un oui et pour un non, qui n’est jamais content. Plein de colère, il met le feu au camp, et il n’en faut pas beaucoup pour qu’il les tue tous. Lire la suite

Va, lève-toi !

Chants : ARC  33, 1.2.5  ; 415  ; 212  ;
Lectures : AT : =pr
Epître : 1Cor 1, 18-25 Évangile : Lc. 5, 1-11
PR : Gen. 12, 1-4a (lu pendant la prédication)

Avant de vous lire le texte de prédication, je veux vous poser une question. Je crois que parmi nous, il y a des personnes qui sont nés ici à Saint Palais, à Vaux, à Saint Sulpice, à Breuillet, à Saint Augustin ou encore à Royan. Si vous pouvez lever la main  ?
Et qui est né dans un rayon de 50km  ?
En Poitou-Charentes  ?
En France  ?
Qui est né à plus de 1000km d’ici  ? (Moi.)
Et, comme ce n’est pas la même chose d’aller loin pour des vacances, ou d’émigrer dans un pays inconnu  : Qui habite à plus de 1000km de sa maison d’enfance ? Lire la suite

un serpent qui fait vivre

Chants : ARC 43  ; 430  ; 427  ;
Lectures : AT : Gen. 22, 1-13
Epître : Hébr. 5, 7-9 Évangile : Mc 10, 35-45
PR : Nb 21, 4-9

C’est une de ces histoires que nous avons aimées à l’École Biblique, ou que nous avons racontées à nos enfants. Le peuple est menacé par des serpents, Dieu demande à Moïse de faire un serpent en airain, et il suffit de regarder ce serpent d’airain pour que les morsures ne soient plus mortelles.
Sauf que… sauf que c’est pas comme ça que ça s’est passé. Car la Bible ne nous raconte pas les contes pour les enfants, où il y a un gentil et un méchant, le gentil ici le peuple d’Israël et le méchant les serpents, et le méchant menace la vie et le bien-être du gentil, mais à la fin, le gentil l’emporte, et il vécurent heureux et eurent beaucoup d’enfants, et s’ils ne sont pas morts c’est qu’ils vivent encore à ce jour. Lire la suite