non au sacrifice

Chants : ARC 620 ;  ; 430

Lectures : AT : =pr.

Epître : Hébr 5, 7-9 Évangile : Mc 10, 35-45

PR : Gen 22, 1-13

Il y a des textes dans la Bible que nous connaissons tous depuis l’École Biblique, mais que nous trouvons probablement tous horribles. Un de ces textes nous est donné pour ce dimanche.

Oui, ce texte est horrible. Comment Dieu peut-il demander à un père de sacrifier son enfant ? Comment peut-il demander à celui avec qui il a conclu une alliance, de tuer l’enjeu majeur de cette alliance ?

A différents endroits dans la Bible, il est fait allusion à ce texte. Entre autres, pour montrer à quel point Abraham est obéissant. Qu’il préfère obéir à un ordre qui lui tord le cœur, plutôt que de raisonner, de dire à Dieu, « eh, vieux, t’as certainement oublié, mais, si le p’tit là, s’il n’est plus là, comment veux-tu que j’aie des petits-enfants et toute cette descendance que tu m’avais promis ? » Lire la suite

qui suis-je ?

Chants : ARC 97 ; 891 ; 427 ; 471 (après la Cène)
Lectures : AT : =PR.
Épître : 2Cor. 4, 6-10 Évangile : Mt 17, 1-9

PR : Ex. 3, 1-14
C’est une de ces histoires qu’on raconte autour du feu. Et aussi un moment décisif dans l’histoire des descendants de Jacob qu’on nomme Israël. Voyons donc le prince adopté, tiraillé entre deux peuples et deux cultures, fugitif pour avoir commis un crime capital, qui garde maintenant les brebis et les chèvres d’un prêtre madianite qui est aussi son beau-père – ce qui lui ajoute une troisième culture. Il traverse les steppes, et sur la montagne sacrée découvre un buisson en feu. « Je veux », dit-il, aller voir.

Et là, oyez vous qui voyiez, du buisson on l’appelle. Et il répond « me voici ». Il se voile le visage, il ne voit plus rien. Il ne voit pas Dieu qui se voile des flammes, se retire à la vue pour se révéler en parole. Lire la suite

Vivre avec la faute

Chants : ARC 222, 1-3.5-6 ;608 ;  ; 429 ;
Lectures : AT : =pr.
Épître : Eph. 2, 4-10 Évangile : Lc 18, 9-14
PR : 2Sam 12, 1-10.13-15a

David, le roi, est au sommet de son pouvoir. Il a des enfants prometteurs, il a réussi à unir les tribus d’Israël, il a conquis Jérusalem et en a fait sa capitale, il a des chefs d’armée tellement compétents qu’il n’a plus besoin de partir lui-même en campagne. Il reste au palais et écoute les rapports.
Il faut croire que tout ça faisait que David avait le temps long. Du haut de son palais, il observe une jeune femme dans son bain. L’envie le prend, il la fait venir au palais. La femme est mariée.
Et bientôt elle se trouve enceinte. Son mari est officier du roi, parti se battre. David le fait rentrer au pays, mais l’homme ne veut pas dormir chez sa femme tant que ses camarades dorment sous des tentes. Même une grande beuverie avec le roi n’y change rien. Finalement, pour sauver son honneur et peut-être la vie de la femme, David donne ordre au général de faire combattre le mari en première ligne, où il se fera tuer. A son insu, l’homme sera le messager de son verdict… Lire la suite

Nostalgie…

Chants : ARC 107, 1.4.7.8; 593 ;  ; 582 ;
Lectures : AT : =pr.
Épître : Ac. 2, 41-47 Évangile : Jn 6, 1-15
PR : Ex. 16, 2-3.11-18

Un poème commence par ces lignes :
Autrefois, il n’y avait ni ordinateur, ni télévision,
Autrefois, les hommes avaient le temps de vivre leur union,
Autrefois, on savait quelle était la santé des voisins,
Autrefois, les villageois s’unissaient autour de grands festins.

Autrefois… Le groupe allemand « Wise Guys » (« gars sages ») chante « Früher, früher war alles besser ». Autrefois, tout était meilleur. Les pauvres étaient plus riches et les riches un peu plus pauvres. Les oreillers étaient plus doux, les étés plus chauds. Les jours plus clairs, les nuits plus longues, les jupes plus courtes, les débardeurs plus justes au corps. Il n’y avait que trois chaînes sur la télé, elles étaient tout aussi mauvaises qu’aujourd’hui, mais il n’y en avait que trois. Autrefois…
Et l’humoriste Karl Valentin savait : Autrefois, même l’avenir était meilleur. Lire la suite

libéré du passé

Chants : ARC 103, 1.2.4.7 ; 602 ;  ; 277 ;
Lectures : AT : =pr.
Épître : 1Tim 1, 12-17 Évangile : Lc 15, 1-10
PR : Ez. 18, 1-4.21-24.30-32

Dans le 18e chapitre du prophète Ézéchiel, nous trouvons les reflets d’une pensée qui est encore bien vivante de nos jours : pour chaque mauvaise action, il faut que quelqu’un paie. Et il faut que les enfants paient pour les malfaits de leurs parents.
Dieu, par la bouche du prophète, répond à cette exigence du peuple, et il la refuse. Justement il ne faut pas que les enfants portent la tare des actes de leurs parents, dit-il, et c’est exprimé par cette jolie image des parents qui mangent des raisins acides, et les enfants qui en ont les dents agacées. Non, dit Dieu, je ne veux pas ça. Et vous me traitez d’injuste parce que je fais selon mes règles – mais en fait, c’est vous qui n’êtes pas corrects.
Les enfants n’héritent plus des conséquences des actes de leurs ancêtres. C’est un point que les gens ne comprennent pas. Mais il y en a un autre, qui est encore plus grave, et que bon nombre de nos concitoyens, 2500 ans plus tard, n’accepteraient pas plus que les Judéens exilés du temps d’Ézéchiel. Un point qui va droit contre notre sentiment de justice. Lire la suite

Écoute, Israël…

Chants : ARC 151 ; 607 ; 761 ; 523 ;
Lectures : AT : =pr.
Épître : 1Jn. 4, 16b-21 Évangile : Lc 16, 19-31
PR : Dtn. 6, 4-9

Ma grand-mère avait un beau meuble de salon avec des portes vitrées. Mais on ne voyait pas la belle vaisselle dans le meuble, parce que les vitres étaient entièrement couvertes de photos. C’est là que j’ai fait la connaissance de mon arrière-grand-mère, chère à l’enfance de ma mère, et de mon arrière-grand-père mort en 1920 quand ma grand-mère n’avait que 7 ans.
Souvent lors de visites chez les personnes âgées, je vois un mur de cuisine ou de salon couvert de photos des enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants. Parfois aussi les photos en noir et blanc, légèrement jaunis ou déjà faits en couleur sépia, des parents et grands-parents.
Et chez nous, comme dans beaucoup de famillles probablement, les petits aimants sur le frigo retiennent la liste des courses, le rendez-vous de médecin à ne pas oublier, le numéro de téléphone à rappeler dans la soirée… de petits rappels partout.
Et les petits papiers jaunes qui se collent si facilement partout… nous avons tendance à les dénigrer, en les appelant « pense-bête », ou en allemand « pont à l’âne ». Mais c’est injuste. Parce que ces petits objets nous aident à renforcer notre mémoire, à nous souvenir de ce qui est important. Ce n’est point signe de faiblesse, mais au contraire de la volonté de structurer notre souvenir. Et en affichant aux endroits stratégiques ce que nous voulons garder en mémoire, nous créons notre mémoire. Lire la suite

j’ai pris sur moi, donc : vis !

Chants : ARC 84 ; 431 ; 430 ; 522 ; 167
Lectures : AT : =pr.
Épître : 2Cor. 1, 3-7 Évangile : Jn 12, 20-26
PR : És. 54, 7-10

Ce 54e chapître du livre d’Ésaïe mérite d’être lu intégralement, faites-le à la maison ! Le deuxième Ésaïe s’adresse à un peuple en détresse. Occupé par une puissance mondiale. Privée de ses nobles, de ses artisans, de ses prêtres. Le temple détruit, il se pose la question si son Dieu est impuissant contre les dieux de Babylone.
Et Dieu, à travers la bouche du prophète, prend la parole. Il s’adresse à son peuple, en utilisant l’image de mari et femme. Et son message est plus que surprenant, quand on sait que, notamment par Jérémie, il avait fait dire tant d’avertissements justement pour éviter qu’arrive ce qui est arrivé. Dieu aurait toute raison de dire, « c’est bien fait pour vous, vous n’aviez qu’à m’écouter. » Lire la suite