qui suis-je ?

Chants : ARC 97 ; 891 ; 427 ; 471 (après la Cène)
Lectures : AT : =PR.
Épître : 2Cor. 4, 6-10 Évangile : Mt 17, 1-9

PR : Ex. 3, 1-14
C’est une de ces histoires qu’on raconte autour du feu. Et aussi un moment décisif dans l’histoire des descendants de Jacob qu’on nomme Israël. Voyons donc le prince adopté, tiraillé entre deux peuples et deux cultures, fugitif pour avoir commis un crime capital, qui garde maintenant les brebis et les chèvres d’un prêtre madianite qui est aussi son beau-père – ce qui lui ajoute une troisième culture. Il traverse les steppes, et sur la montagne sacrée découvre un buisson en feu. « Je veux », dit-il, aller voir.

Et là, oyez vous qui voyiez, du buisson on l’appelle. Et il répond « me voici ». Il se voile le visage, il ne voit plus rien. Il ne voit pas Dieu qui se voile des flammes, se retire à la vue pour se révéler en parole. Lire la suite

Heureux qui peut croire

Chants : ARC 96 ; 628 ; 629 ; 607

Lectures : AT : 2Rois 5, (1-8)9-15(16-18)19a

Épître : Rom. 1, (1415)1617 Évangile : Mt 8, 5-13

PR : Jn. 4, 4654 lu plus tard

Jésus a fêté la Pâque à Jérusalem, puis traîné un peu par-ci et par-là, avant de quitter la Judée. Il a discuté avec la femme au puits, et maintenant il est de retour en Galilée. Écoutons le récit de Jean 4, 46-54.

Cana n’est pas loin de Nazareth. Pour descendre à Capharnaüm, il faut prévoir la journée. Si l’officier romain prie Jésus de faire ce chemin, ce n’est donc fort probablement pas pour obtenir un spectacle particulier. Au contraire, c’est par amour pour son fils, et souci de sa vie. L’évangéliste nous dit bien que le fils est mourant. Et pourtant, Jésus semble refuser la demande, comme si c’était une blague ou comme si on lui avait demandé de faire voler un bout de bois ou de faire disparaître une verrue sur la main. « Si vous ne voyez pas de miracles et de signes, vous ne croyez donc rien. » Lire la suite

Et la lumière est là !

Chants : ARC 72 ; 542 ; 316 ; 606

Lectures : AT : És. 42, 1-4(5-9)

Épître : Rom. 12, 1-3(4-8) Évangile : Mt 3, 13-17

PR : Mt. 4, 12-17

Le baptême de Jésus a eu lieu, au bord du Jourdain près de Jérusalem. Puis, Jésus a été amené dans le désert pour se confronter aux tentations diaboliques. Et voilà qu’il en est revenu. Et qu’il apprend que Jean a été arrêté.

Jésus retourne alors en Galilée. C’est certainement plus prudent : loin de Jérusalem, loin de la police d’Hérode. Matthieu nous avait raconté que pour la même raison, Joseph avait choisi Nazareth comme résidence au retour de l’exile égyptien.

Mais Jésus ne s’installe pas à Nazareth. Au contraire, il quitte la montagne et s’installe à Capharnaüm, au bord de la mer de Galilée, comme on appelle le lac de Génésareth. Lire la suite

Confiance dans la catastrophe

Chants : ARC 8, 3-6 ; 617 ; 615 ; 583
Lectures : AT : Es 51, 9-16
Épître : 2Cor. 1, 8-11 Évangile : Mc 4, 35-41
PR : Gen 8, 1-12

Il arrive qu’un plan de lectures vieux de quelques décennies nous fournisse un texte de prédication qui tombe vraiment à pic. J’ai préféré les textes du dimanche aux textes de la fête de la présentation du Christ au temple pour leur actualité.
Certes, les fortes marées de ce week-end n’ont pas grand’chose en commun avec le déluge, le phénomène reste limité aux secteurs côtiers et la mer ne couvrira certainement pas les montagnes, ni les Vosges ni les Pyrénées ni les Alpes.
Mais celui dont les biens sont menacés par les vagues, qui risque de perdre son toit et son commerce, voire qui se retrouve enfermé par les eaux au péril de sa vie, n’a rien à faire d’inondations plus fortes et violentes. Son existence, sa vie sont en danger, c’est ça et rien d’autre qui compte ! Lire la suite

voyez l’agneau !

Ce dimanche j’étais invité à donner l’homélie à l’église catholique. Je n’ai donc pas indiqué de chants.
Lectures : AT : Es 49, 5-6
Épître : 1Cor. 1, 1-3 Évangile : =pr
PR : Jn 1, 29-34
L’Évangile de la plume de Jean est une pièce grandiose. Presque comparable à un opéra. Notre passage de ce matin se situe juste après l’ouverture – le prologue. Jean le Baptiste entre en scène, avec quelques représentants de l’autorité religieuse et politique qui le questionnent. Puis – et c’est notre passage – il voit Jésus passer. Pour nous spectateurs, Jésus est pour l’instant juste une ombre au fond de la scène. Le Baptiste – que j’appelle ainsi pour le distinguer de l’évangéliste – le Baptiste l’aperçoit donc et dit cette étonnante parole qui nous est devenu chant liturgique : « voici l’agneau de Dieu qui porte le péché du monde. » Et il nous fait part de sa rencontre avec Jésus.
Dans la dramaturgie de cet Évangile de Jean, le Baptiste est celui qui prépare la venue de Jésus, en tous les sens. Dès le moment que Jésus prend le devant de la scène, c’est à dire juste après notre passage, il perd des disciples au profit de Jésus, et s’efface. Nous le verrons encore une seule fois, juste après l’épisode de Nicodème, où il dit la fameuse parole « lui, il doit grandir, et moi, diminuer. » Et il disparaît une fois pour toutes. Lire la suite

l’esprit de l’horizon large

Chants : ARC 72, 1.3.5 ; 575 ; 361 ; 570
Lectures : AT : =pr
Épître : Rom. 12, 1-3(4-8) Évangile : Mt 3, 13-17
PR : Es. 42, 1-4(5-9) – lu plus tard.

Le baptême du Christ, c’est une petite Pentecôte. Encore, ce n’est que sur lui que se pose, visible pour tous, l’Esprit de Dieu. A la pentecôte, ils seront nombreux. Et comme la Pentecôte est la fête de départ de l’aventure apostolique, le baptême du Christ est le point de démarrage pour sa vie de rabbin itinérant.
Là où se montre l’Esprit de Dieu, commence quelque chose de nouveau, d’inouï et de jamais vu.
C’était vrai lors de la création, où l’Esprit de Dieu plana au-dessus des eaux. Le prophète Ézéchiel a d’étonnantes visions de la puissance de l’Esprit de Dieu. Et à peu près à la même époque, le prophète qu’on appelle souvent « le 2e Ésaïe », dont nous trouvons les paroles dans les chapitres 40 à 55 du livre d’Ésaïe. Ecoutons ces versets du chapitre 42 : (Lecture Es. 42,1-9) Lire la suite

un « VIP » à soigner

Chants : ARC 96  ; 528  ; 544  ;
Lectures : AT : =pr
Epître : Rom. 1, 16-17 Évangile : Mt 8, 5-13
PR : 2Rois 5, 9-19a

Plusieurs centaines d’années séparent ces deux récits. Mais les parallèles frappent aux yeux :
Un militaire étranger demande de l’aide à un « homme de Dieu ».
L’aide lui parvient non pas par une rencontre directe entre l’homme de Dieu et le malade, mais à distance.
Le militaire demande à l’homme de Dieu une action autre que prévue.
Mais la différence importante est également évidente : si Naaman s’indigne que le prophète ne lui rend pas l’honneur de venir le voir en personne, l’officier romain refuse catégoriquement que Jésus entre dans sa maison…
Si ces textes, l’un comme l’autre, montrent que Dieu ne réduit pas son engagement sur les juifs seulement, nous y trouvons encore un autre message. Ou plutôt une question qui nous est adressée : Lire la suite