Préparez le chemin du Seigneur !

Chants : ARC 303 ; 316 ; 321, 1-4 ; 321, 5-7 ;
Lectures : AT : És. 65, 17-25
(Épître : Apc. 21, 1-7) Évangile : Mt 25, 1-13
PR : 2Pierre. 3, (3-7)8-13

Il y a, paraît-il, des choses qui ne changent jamais. Parmi elles, les moqueurs. « Qu’est-ce que vous racontez là, ils sont allés au ciel, depuis longtemps, et votre Dieu, ils ne l’ont pas vu. » Ou encore « de toute façon, vos bondieuseries, c’est pour amadouer les gens afin qu’ils ne se révoltent pas ! » Ou comme le dit l’apôtre, « qu’est-ce que vous croyez en la résurrection, on n’en a pas vu depuis longtemps ! Et votre Jésus, il ne revient pas. »
C’est vrai. On l’attend. Ou on ne l’attend plus tellement. Parce que ça fait tellement longtemps qu’on l’attend, que même Godot serait arrivé entre-temps. Tiens, Godot… cette pièce justement décrit l’attente interminable de Dieu. Qui ne vient pas, bien sûr. Donc, on attend. Depuis une éternité. Lire la suite

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« C’est quand même pas la fin du monde ! »

Chants : ARC 42, 1.7-9 ; 303 ; 305, 1-3 ; 319, 1.5.6 ;
Lectures : AT : Job. 14, 1-6
(Épître : Rom. 14, 7-9) Évangile : Lc 17, 20-24(25-30)
PR : 1Thess. 5, 1-6(7-11)

« C’est quand même pas la fin du monde ! » C’est ce qu’on entend parfois dans une situation difficile qui nous paraît insurmontable. Ceux qui le disent, veulent nous consoler, nous rassurer, nous redonner courage. Ou encore, nous dire que nous exagérons de pessimisme.
Dans l’histoire des chrétiens, il y a eu beaucoup de tentatives de savoir le moment et l’heure de la fin du monde. Au passage à l’an 1000, une folie de masses s’est propagée à travers toute l’Europe, les gens faisaient pénitence en se flagellant en public durant des semaines et des semaines. Ils dilapidaient leurs biens dans la ferme conviction de ne plus en avoir besoin. Plus près de nous, les témoins de Jéhovah ont annoncé plusieurs fois la fin du monde – sans que cela se réalise. Si pour l’an 2000 on ne nous annonçait pas la fin du monde tout court, du moins on a prédit la fin du monde informatique. Les ordinateurs – et l’humanité – ont survécu. Et voici deux ans, le monde s’est affolé à cause du calendrier Maya. Il semble que nous tenons beaucoup à ce monde, et que nous ayons peur qu’un jour il disparaisse. Lire la suite

vivre dans l’esprit

Chants : ARC 223, 1-4 ; 576 ; 101, 1-4 ; 608 ; 530, 3.4
Lectures : AT : Ex. 20, 1-17
(Épître : Rom. 14, 17-19) Évangile : Mc 12, 28-34
PR : Eph. 5, 15-21

Tous nos textes de lecture ce matin ont un point commun : ce sont des passages par lesquels Dieu nous dit comment nous devrions vivre. Les deux passages que nous avons entendus en lecture, ont été inscrits sur le mur du temple de Saint Augustin, et certainement de bien d’autres temples encore.
Et maintenant l’Épître aux Ephésiens : Les jours sont mauvais, ne perdez donc pas de temps : soyez sensés et non pas insensés, conduisez-vous bien selon la volonté du Seigneur. Eh bien, quelle est cette volonté ?
« Ne vous enivrez pas de vin, cela est contre le salut. » À qui tu parles, mon ami ? Je ne bois guère de vin, et rarement plus d’un demi-verre… Mais Ephèse est une ville portuaire. Qui dit port, dit marins, dit dockers, dit hommes qui travaillent durement et qui, du fait de ce travail, ont soif. Et à l’époque, il n’y a pas encore de loi interdisant les débits de boisson autour des installations portuaires. Donc, à Ephèse, il y a de gros buveurs. Mais si l’apôtre n’ose pas le formuler, il a quand même une grande envie de nous dire : « enivrez-vous plutôt du Saint-Esprit ! » N’y avait-il pas un autre qui se défendait contre l’accusation d’être un ivrogne ? « Chers amis, il n’est que neuf heures du matin, pourquoi dites-vous que nous sommes ivres ? », dit Pierre, au matin de Pâques. Si l’alcool délie parfois la langue et plus, l’Esprit de Dieu peut, lui aussi, délier les langues, nous faire dépasser nos pudeurs et nos inhibitions, et profondément altérer notre comportement. Rassurez-vous, ça reste quand même convenable.
Et ce n’est pas mauvais, mais pas du tout ! Au contraire, c’est ce que l’apôtre nous recommande de chercher : l’ivresse de l’Esprit. Nous laisser emporter par lui, au point d’aller beaucoup plus loin que ce que nous oserions faire sans lui.
Tout d’abord et avant tout, vivre dans l’Esprit – ou vivre rempli d’Esprit – ne se fait pas tout seul. La vie inspirée se vit à plusieurs. Tout seul dans ton coin, tu perdrais vite le contact avec Dieu. Et avec les humains.
Quand vous avez demandé le baptême pour G., vous avez choisi une communauté chrétienne où il serait baptisé. Vous avez choisi l’Église Protestante Unie, et la communauté de Saintonge-Océan. Vous auriez pu opter pour la communauté protestante du quartier où vous habitez, et où vous vous ferez certainement connaître (je vous y encourage). Vous auriez pu opter pour une communauté appartenant à une autre Église. La paroisse catholique de votre quartier, par exemple. Pour le baptême chrétien, ça ne fait pas de différence : il est le signe visible et indélébile que G. est un enfant de Dieu. Il est le moment symbolique du don du Saint Esprit. Nous sommes en droit de croire que chaque baptisé a reçu cet Esprit, qu’il en a été rempli des pieds jusqu’à la tête. Si certains baptisés ne semblent plus avoir de l’Esprit de Dieu, c’est donc qu’autre chose a pris la place – peut-être le vin, comme dit l’apôtre, et sa parole contre le vin est donc plutôt la recommandation de garder l’Esprit en nous.
Le baptême de G. est son inscription dans l’Église universelle, disais-je. Et en même temps, il place G., et il vous place avec lui dans la réalité d’une communauté locale. Si la croix, ou encore plus la croix huguenote, peut être signe de reconnaissance entre personnes qui appartiennent à la même Église, le baptême de Gaspard ce matin dans ce temple entraîne un attachement plus fort. Non seulement « tiens, nous appartenons à la même mouvance d’Église », mais : « toi, je te connais. Je t’ai vu lors de ton baptême, nous avons prié et chanté ensemble. » G. a reçu le baptême dans le même temple que son parrain, son grand-père et ses arrière-grands-parents. Je ne sais pas si vous connaissez ces lignes, mais elles expriment ce qui a guidé votre choix : « Esprit qui les fis vivre, Anime leurs enfants, Anime leurs enfants Pour qu’ils sachent les suivre. » La Cévénole.
Mais ce baptême, il l’a reçu entouré des gens d’aujourd’hui. D’hommes et femmes qui vivent avec cet Esprit que Gaspard vient de recevoir. D’hommes et femmes qui partageront cette tâche à laquelle vous vous êtes engagés, vous parents, vous parrain et marraine : de faire connaître à Gaspard le Dieu de ses ancêtres, de lui apprendre à prier, à chanter, à aimer les histoires bibliques. Il n’y a pas que vous, nous y sommes tous engagés. Et je ne peux que vous encourager à nous solliciter pour vous épauler dans cet engagement.
Notre passage nous donne un plan merveilleux pour être parents et parrain et marraine : avant tout, c’est chanter. Chantez avec G., il n’y a pas que la souris verte mais aussi beaucoup de petits chants et comptines qui parlent de Dieu – ou qui parlent à Dieu. Si vous chantez avec lui, il sera ravi, et vous verrez, la pression de la journée tombera de vos épaules.
Et remerciez Dieu pour tout. Avec G., et durant toute la journée. Parfois c’est bien difficile. Comment remercier Dieu pour quelqu’un de particulièrement casse-pied qui vient de nous voler deux heures de notre temps précieux ? Je n’ai pas la recette magique, mais dans une telle situation ne pouvons-nous pas dire merci à Dieu de nous avoir rendu patients ? Ou même, « merci, mon Dieu, qu’il s’en est allé, enfin ! » Ou la musique heavy metal du voisin – c’est tellement beau quand ça s’arrête…
Il y a tant à faire et à découvrir. Sur le parcours du petit garçon qui grandit, et sur le chemin avec Dieu. Sur le sentier de la reconnaissance. Et l’apôtre qui doit bien connaître la nature humaine, nous rappelle : sois sage, ne te laisse pas flotter comme une feuille morte. Si tu veux vivre de cet Esprit qui est en toi, n’attends pas demain, parce que demain, tu attendras encore, et tu repousseras tout aux calendes grecques. Ne perds pas de temps. Ne laisse pas filer une seule occasion de dire merci à Dieu, de chanter avec ton mari, ta femme, tes enfants, tes amis chrétiens. C’est aujourd’hui que commence le reste de ta vie. Ne perds pas de temps.
Et pour ne pas perdre du temps, pour chanter l’amour et la justice de Dieu, je m’arrête là. Le temps d’une petite méditation musicale, qui est aussi une façon de chanter à Dieu, et nous allons ouvrir les recueils au n° 608.
Amen.

Persévérez !

Chants : ARC 68, 1.4.5 ; 611 ; 475 ; 584 ;
Lectures : AT : Lam. 3, 22-26.31-32
Épître : (2Tim. 1, 7-10) Évangile : Jn 11, 1(2)3, 17-27 (41-45)
PR : Hébr. 10, 35-36(37-38)39

Et voilà que nous est proposé à nouveau un passage de l’Épître aux Hébreux, comme nous en avions tant en début d’année. Et encore, ce petit passage mérite d’être lu et relu pour que nous comprenions mieux.
L’auteur s’adresse à un groupe qui a été victime de persécutions, et ceux parmi ce groupe qui n’étaient pas eux-même exposés aux injures et persécutions, aux confiscations de leurs biens et aux incarcérations injustifiées, en ont souffert par compassion avec leurs frères ainsi maltraités. Il les encourage à persévérer, à ne pas perdre courage, car, comme il dit, « nous ne sommes pas des gens qui tournent leur manteau selon le vent, ce qui voudrait dire renier Dieu sous la pression, mais nous sommes des gens de foi, et c’est pourquoi Dieu ne nous laissera pas tomber. »
Mais alors – quel message pour nous ? Pour les frères et sœurs qui vivent le supplice en Syrie, en Irak, au Pakistan, en Chine et ailleurs où leur vie et leur existence est constamment menacée, d’accord – mais nous ne risquons pas d’aller en prison pour notre foi, d’être spolié de nos biens, d’être maltraités et ridiculisés… ou bien ?
Ceci dit, si nous ne connaissons pas d’oppression proprement dite de la part de la République, les chrétiens sont observés avec méfiance. On est, comme dit Jean Alexandre, pris dans un piège composé d’incompréhension, de déni et d’accusation. Au point qu’on préfère garder sa foi pour soi.
Mais ça encore n’est pas la grande menace pour nous. Nous avons nos temples où nous fêtons nos cultes, nous pouvons porter la croix huguenote ou même une croix romaine si le cœur nous en dit, lire la Bible dans le hall de gare… et notre discrétion innée sur notre foi est même plutôt bien vue.
Non, la tentation qui nous guette, ce n’est pas de céder à l’oppression sociale ou civile. C’est plutôt le vieillissement de nos communautés, le manque de renouveau, l’épuisement des forces – bref, que notre Église ne va pas mieux que nous-mêmes. J’ai lu hier le dossier synodal – si si, je l’ai vraiment lu ! – et il comporte plein de questionnements sur l’avenir de notre Église. La région aurait besoin de 37 pasteurs, mais ne peut en payer que 30 et trois quarts… (comment faire ¾ de pasteur, je crains que ce soit un massacre!) Le consistoire des Vosges dans l’Est, où j’étais avant, n’a plus qu’un seul pasteur en poste paroissial. Pour deux départements et demi.
Par ailleurs, sur presque 1200 foyers protestants connus dans le secteur des trois Églises, cinq enfants participent à l’École Biblique cette année, et au KT l’an dernier on avait quatre catéchumènes mais rarement plus que deux à la fois. Qu’est-ce que ça va donner ? Qui va prendre notre relève ?
Voilà ce qui nous menace, qui tend à nous faire baisser les bras. La déprime. La résignation. Et donc, on est tenté d’abandonner l’Église, la foi, Dieu.
Persévérez, nous crie l’apôtre, tenez bon, gardez votre assurance, votre ferme attachement à Dieu ! Vous avez tout à y gagner ! Oui, il faut avoir patience, il faut faire preuve d’endurance, car les temps ne sont pas bons. Mais pour l’amour de Dieu, n’abandonnez pas !
Sur plusieurs chapitres, il a expliqué comment la foi est l’essence de toute l’histoire du salut, depuis les premiers héros de la Genèse. Noé, Abraham, Jacob, tous ont agi dans la foi, et Dieu n’a jamais trahi leur foi, leur confiance.
L’apôtre nous invite donc à faire confiance comme eux, et d’endurer sans céder ce qui nous chagrine et qui veut nous faire perdre la foi.
Ne vous chagrinez pas du vieillissement de votre communauté. Continuez à la faire vivre, continuez à la vivre, restez fidèles à Dieu et fidèles les uns aux autres. C’est en vivant la communauté que vous rendrez cette communauté vivante. C’est en étant soutien aux frères et sœurs que vous trouverez l’aide qu’il vous faut. Dans sa faiblesse et même par sa faiblesse, votre communauté peut être forte, et peut être un témoin crédible du Christ.
Ne baissez pas le bras devant le petit nombre d’enfants en catéchèse. Soyez pour eux des témoins de l’amour de Dieu. Accueillez-les, d’où ils viennent, réjouissez-vous de leur présence. Cherchez à trouver un contact aux autres, qui se tiennent à l’écart, mais ne vous en préoccupez pas trop. Dans le souci des absents n’oubliez pas que ceux qui sont là, le sont pour entendre et voir votre joie de vivre avec votre Dieu. Donnez-leur ce qu’il faut pour qu’ils fassent connaissance avec ce Dieu qui vous est cher.
Ne résignez pas devant les caisses vides de l’Église. Tant que vous le pouvez, faites votre possible pour donner à l’Église ce dont elle a besoin de vivre. Et ne vous limitez pas à l’argent. Car l’Église c’est vous. C’est du battement de vos cœurs que bat le pouls de l’Église. C’est de votre inspiration qu’elle tient son souffle. C’est de vos voix qu’elle parle. Si vous ne nourrissez pas l’Église, vous-mêmes allez en souffrir. Il y a eu des années fastes, il y a des temps de jeûne. Les temps de richesse des Églises semblent révolues, maintenant ce sont les années patates. Mais qu’importe tant que vous vivez, que vous mangez à votre faim et que vous avez la joie d’être ensemble Église du Christ ?
Et puis, il y en a qui en ont moins que vous. Qui n’ont pas de pasteur depuis des années pour les reconforter, leur rappeler l’amour de Dieu, les inviter à mieux découvrir la Parole de Dieu dans les Écritures. Ne vous limitez pas à dire « ah, les pauvres », mais soutenez-les. Serrez les coudes avec eux. Et ne soyez pas jaloux si de temps en temps votre pasteur va chez les autres, pallier un peu à leur manque.
Mais ce n’est pas le pasteur qui fait vivre une Église. Il y a des Églises qui ont un pasteur et mettent la clé sous la porte, comme à Châteauneuf. Ce qui fait vivre l’Église, c’est l’engagement quotidien de ses membres. C’est qu’ils sont là pour entendre la Parole de Dieu, pour prier les uns avec les autres et les uns pour les autres, et c’est que dimanche après dimanche ils donnent ce qu’ils peuvent pour le besoin matériel de leur communauté. D’ailleurs, donner n’est pas difficile. Mais comme tous les sports ça va mieux quand on le fait régulièrement. Il est plus facile de marcher 5km par jour pendant dix jours que 30km en une journée, il est plus facile de donner 10 Euros chaque dimanche que d’en donner 250 à la fin de l’année. Et c’est plus efficace et moins douloureux.
Attention : ce n’est pas par le don que vous pouvez gagner l’amitié de Dieu. Par le don vous faites vivre ce corps dont vous êtes membres, dont la tête est le Christ et dont l’âme est l’Esprit Saint. Et il ne peut pas vivre du don seulement. Il y en a qui donnent sans faire partie du corps d’Église. Eh bien, c’est comme une béquille : elle peut aider à avancer, mais elle ne peut pas marcher. C’est comme un dispositif cardio-respiratoire : il peut éviter la mort imminente, mais il ne peut pas faire vivre. La vie d’Église ne vit pas des chèques aussi importants qu’ils puissent être, mais de ses membres vivants. De ceux qui la vivent, jour après jour, en soutien mutuel, en prière, en engagements : En visite auprès des malades et des vieillards. En étant visités. En se réjouissant de celui qui passe. En consolant les attristés. En se laissant consoler. En étant frères et sœurs. Et elle vit parce que son âme est l’Esprit du Christ.
Amen.

vivre la foi est être responsable de l’autre

Chants : ARC 36 ; 562 ; 428, 3-5 ; 534 ;
Lectures : AT : Gen. 28, 10-19a
Épître : (Rom. 8, (12-13)14-17) Évangile : Lc 17, 11-19
PR : 1Thess. 5, 14-24

En cette fin de sa première lettre aux Thessaloniciens, et peut-être sa première lettre tout court, Paul rappelle à cette jeune communauté que ce n’est pas tout de croire en Jésus, que la conversion n’est pas la fin du voyage mais le début, et que cette foi a de graves conséquences pour la vie du croyant.
On peut dire que c’est une façon de décliner le double commandement de l’amour. Même si Paul commence par l’amour du prochain.
« Reprenez les désordonnés. » Contrairement à ce qu’on pourrait croire, il ne s’agit pas de se faire policier pour l’autre. Il y a eu des temps où les pasteurs, notamment réformés, veillaient très strictement sur le comportement de leurs ouailles. De sorte que les paroissiens refusaient que les pasteurs fassent des visites ; ils ne voulaient pas avoir la police religieuse à la maison.
Bien sûr, les désordonnés, ce ne sont pas ceux qui n’entretiennent pas leur maison selon le modèle des grands catalogues. Le mot grec est « atactos », donc quelqu’un qui a perdu le rythme, la régularité de sa vie. Et reprendre ne veut donc pas dire réprimander, mais aider à retrouver le chemin, le bon rythme. Peut-être lui mettre un peu de feu sous les pieds pour lui faire bouger plus vite. Peut-être tout au contraire le freiner pour pas qu’il s’emballe, pas qu’il vive au-dessus de ses forces. C’est une façon de prendre soin du frère ou de la sœur. Tout comme de donner du courage à celui qui a perdu son élan, et de porter celui qui n’a plus de force. Lire la suite

Église – une responsabilité partagée

Chants : ARC 119, 1.3-4 ; 427 ; 426 ; 532 ;
Lectures : AT : Gen. 4, 1-16a
Épître : (1Jn. 4, 7-12) Évangile : Lc 10, 25-37
PR : Ac. 6, 1-7

Ce petit récit nous montre (une fois de plus, après l’histoire d’Ananias et Saphira qui n’étaient pas honnêtes quant à leur don à l’Église), que déjà la première communauté chrétienne du monde souffrait de ce qui n’est que trop humain.
Qu’est-ce qui s’est passé ? Éh bien, avec les dons des membres, l’Église entretient une sorte de soupe populaire – mais dont l’accès n’est ouvert qu’aux pauvres de la communauté, avant tous aux veuves. Et il y a deux groupes dans la communauté, les uns originaires de Jérusalem, Judée et Galilée, les autres ayant grandi quelque part bien ailleurs, depuis Rome jusqu’en Mésopotamie. Les uns parlent araméen, la langue commune des autres est le grec. Et ces derniers, issus donc de la dissémination juive, se plaignent que leurs pauvres sont mis à l’écart durant la distribution. C’est bien humain : on a facilement l’impression que l’herbe du voisin est plus verte, que son gobelet est plus plein et son assiette aussi. Lire la suite

Ce qui tient ou ne tient pas

Chants : ARC 136, 1-5.9-10 ;253 ;  ; 536 ;
Lectures : AT : És. 29, 17-24
Épître : (Ac. 9, 1-9(10-20)) Évangile : Mc 7, 31-37
PR : 1Cor. 3, 9-15

Ma grand-mère avait un jeu de six petites cuillères à café en argent. Ma grande-tante avait les mêmes, en or. Avant la guerre, c’était un jeu de douze, toutes en or. Elles avaient été séparées, la moitié dans la maison de ville, l’autre dans la maison au bord de la mer. Après le bombardement de Hambourg, les cuillères retrouvées dans les débris de ce qui avait été leur maison, avaient perdu leur dorure. Leur âme, si j’ose dire, était en argent, et c’est elle qui est restée.
Ces cuillères ont passé par le feu, ont été éprouvées, et leur véritable nature a été révélée.
Ce dont parle l’apôtre ici aux Corinthiens, ce n’est pas l’enfer. Ce n’est pas non plus un temps de punition avant d’entrer quand même au paradis. Rien à voir.
Mais il écrit aux Corinthiens dans un souci œcuménique, si on veut. Il y a dans la communauté des gens qui se réfèrent à Paul, d’autres à Apollos, d’autres à Pierre ou à d’autres apôtres. Un peu comme nous nous référons à Calvin, Zwingli, Luther, et d’autres se réfèrent au pape. Et bien évidemment, chacun est convaincu que c’est lui seul qui détient la vérité, et que ceux qui ont d’autres références, sont dans l’erreur. Lire la suite