Pas de preuves

Chants : ARC 201 ; 610 ; 618 ; 616, 1.4
Lectures : AT : Es. 5, 1-7
Épître : Rom. 5, 1-5 Évangile : Mc 12, 1-12
PR : Mt. 12, 38-42
Ils veulent voir des preuves. Prouve-nous que tu es vraiment envoyé de Dieu ! Ça se comprend. N’est-il pas préférable d’avoir des preuves, de ne pas aveuglément donner sa confiance au premier venu ? N’avez-vous jamais eu le désir d’en voir, des preuves du bien-fondé de notre foi ? Ne serait-ce que pour pouvoir dire, tu vois, avec tout le mal qui se passe, Dieu est quand même là !
La réponse de Jésus est sèche et consternante : Vous vous détournez de Dieu, et vous demandez une preuve irréfutable ? Vous pouvez attendre ! Mais pourquoi ne veut-il pas ainsi renforcer notre confiance ?
Un jeune étudiant cherchait à se loger dans la ville universitaire. Finalement il trouva une vieille dame qui voulait bien lui louer une chambre. Mais elle lui tint un long discours de ses mauvaises expériences avec les étudiants – qui, disait-elle, ne devraient pas empêcher une cohabitation en confiance.
Le jeune homme trouvait de temps en temps des billets d’argent qui traînaient, ou d’autres mises à l’épreuve. Un jour, la vieille dame lui déclarait qu’elle avait suffisamment éprouvé son honnêteté pour pouvoir lui faire confiance. Quelle ne fut sa surprise d’entendre que le jeune homme avait cherché et trouvé un autre logement, et qu’il ne voulait plus subir la méfiance de la vieille dame : ce n’est pas de la confiance qui a besoin de preuves.
Confiance et demande de preuve, ça ne va pas ensemble. Ça s’exclut mutuellement. De même que l’amour qui doit se prouver, ne grandira pas mais mourra étouffé. Il n’y a pas de preuve. Il y a des indices, qu’on peut prendre pour du jeu – ou pour un amour naissant. Mais tant qu’on n’ose pas s’y lancer, tant qu’on préfère les valeurs sûres, on évitera toute chance de rencontrer l’amour.
Est-ce que c’est là la raison pour le refus sec de Jésus ? Qu’il ne veut pas leur enlever la possibilité de laisser grandir la foi ? Par contre, il leur parle de Jonas. Vous vous souvenez : ce prophète qui voulait fuir l’ordre de Dieu, qui fut avalé par un poisson et resta dans le ventre du poisson durant trois jours et trois nuits. Dans le ventre du poisson, au milieu de la mer, symbole de la mort, avant d’être recraché sur la plage, dans la vie. Vous verrez, dit Jésus, je passerai trois jours au sein de la terre, à l’endroit des morts, et je reviendrai.
Nous connaissons l’histoire. Comment l’un de ses amis le vendra. Les autres le quitteront. Ses adversaires se moqueront de lui, l’humilieront, et lui procurent une mort atroce, en peur et en douleurs, à se sentir délaissé même de Dieu. Mais sa confiance en ce Dieu d’amour qu’il appelle Père, elle restera. Il priera même pour ceux qui le torturent.
Une telle confiance, ne nous fait-elle pas rêver ?
Maintenant nous pourrions partager plein d’histoires, de personnes qui ont osé croire, osé mettre leur confiance en Dieu. Qui sont ainsi devenus des signes pour d’autres, qui ont inspiré d’autres à se lancer, à oser à leur tour cette foi. Qu’ils soient mondialement connus, ou qu’ils soient de nos familles.
Vous n’aurez pas de preuves pour la foi en le Dieu d’amour, pas non plus de preuve que je suis son envoyé. La foi ne se base pas sur les preuves. Mais je vous donne un signe : vous me verrez souffrir et mourir, et garder confiance. Vous pourrez en apprendre que la confiance ne sera pas trahie.
L’évangéliste racontera plus tard que la confiance n’a pas été trahie. Que Jésus a été réveillé de la mort à la vie éternelle. Les pharisiens et les scribes ont-ils cru, alors ? Non… et le message de Jésus a été donné aux nations.
Aujourd’hui il s’adresse à nous. Il nous invite à la confiance. Il ne nous donne pas de preuves, il nous laisse dans le doute, il nous permet de le rejeter simplement : rien ne prouve que c’est vrai.
Mais il nous permet aussi de faire éventuellement l’expérience la plus merveilleuse qui soit.
Amen.

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