En chemin vers la fête

Chants : ALL 31-18, 1-4 ; 31-09, 1-4 ; 31-21, 1-3.5.8 ; ;
Lectures : AT : Es. 63, 15-64, 3
Épître : Jac. 5, 7-8 Évangile : =pr.
PR : Lc. 21, 25-33

Les enfants – et quelques grands – ont un calendrier de Noël. Quand s’ouvrira la 24e porte, généralement un peu plus grande que les autres, la fête est là.
Nous autres adultes, nous avons nos propres façons d’approcher un grand jour, de compter à rebours. Que ce soit une fête, la retraite, ou la naissance d’un enfant que de nos jours on calcule au jour près, souvent même qu’on programme…
Mais certains événements sont moins prévisibles. Comme la première neige par exemple. Ou le premier jour de plage de l’année. Personne ne pourra dire aujourd’hui quel sera le premier jour à plus de 20°C en 2015 à Royan. Personne.
Par contre, nous pourrons dire que ce jour viendra.

Il en est ainsi pour la venue du Christ. Jésus ne parle pas ici d’un deuxième Noël, cette fois-ci ce ne sera pas une affaire discrète, un petit enfant connu seulement de quelques astrologues et quelques bergers – non, il se manifestera publiquement, de sorte à ce que personne ne puisse ne pas le remarquer. Comme le dit aussi le cri du prophète, en déchirant les cieux et ébranlant la terre, en retournant tout ce qui nous paraît si bien fondé.
Ça, c’est une promesse. Tout comme je peux vous promettre des jours plus chauds que ce matin – non, même encore plus, car une promesse de Jésus, c’est une promesse de Dieu, et une promesse de Dieu est une promesse tenue.
Pour l’instant nous n’y sommes pas encore. Nous avons froid aux mains en sortant, et nous attendons le Christ. Avec plus ou moins d’impatience, il est vrai… mais il viendra.
Quand Jésus parle de signes qui annoncent sa venue, il ne veut pas nous dire de nous affoler àla vue de ces signes. Même si par eux-mêmes ils ont tout ce qu’il faut pour nous faire peur.
Faut-il prendre les annonces à la lettre ? Je ne le sais pas. Mais je pense que même si ce sont des paroles plutôt symboliques, elles veulent être prises au sérieux. Même en ce qu’elles disent sur la nature des signes précurseurs de la venue du Christ. Il y aura de quoi affoler les astrologues et pourquoi pas aussi les astronomes. Il y aura des perturbations qui feront peur à toutes les nations. La mer, les cieux, l’écosystème… oui, il se peut que nous y soyons. Les changements climatiques font peur à beaucoup de monde, alors que d’autres en rient. Les catastrophes naturelles deviennent de plus en plus fréquentes.
Est-ce que ça veut dire que demain tout notre monde disparaîtra et que le Christ sera là demain ? Peut-être. Mais n’écartons pas le contraire.
Car depuis des siècles et des siècles des chrétiens ont cru voir ces annonces réalisées, se sont affolés devant l’idée de la venue imminente du Christ. Et – on attend encore.
Et Jésus lui-même dit que les choses prendront leur temps. J’ai regardé, tout à l’heure, le figuier derrière mon garage. Tout en ayant été élagué récemment, il a fait de nouvelles pousses. Et il est plein de petits bourgeons sur les pointes des branches. Oui, l’été viendra, et mon figuier s’y prépare avec tous les moyens dont il dispose. Mais, nous ne sommes qu’à la mi-décembre, l’été viendra dans six mois. Formellement, l’hiver n’est même pas encore venu.
Donc, les signes de l’arrivée du Christ ne veulent pas forcément dire que c’est pour demain. Mais attention, il ne faut pas croire non plus que ce n’est sûrement pas pour demain… souvenez-vous, Jésus nous dit d’être prêts et attentifs comme les jeunes filles qui attendent le cortège nuptial !
Et justement, les nations seront dans l’angoisse, les hommes défailleront defrayeur. Mais ce n’est pas notre cas : nous, nous pouvons l’attendre avec espérance, nous pouvons nous réjouir de ce qui nous attend.
Si bien le monde a peur, Jésus nous invite à nous redresser. Nous n’avons rien à craindre de la venue du Christ – nous sommes ses amis, ses disciples, ses apôtres. Ceux parmi nous qui portent de lourdes charges, qui sont malades ou soignent un malade, qui ne trouvent plus de travail ou qui ont un emploi dévorant, qui vivent la solitude ou qui n’arrivent plus à se frayer un petit espace rien pour eux – ils ont le droit de respirer, de se redresser, de lever les yeux vers celui qui vient. VOUS avez le droit de VIVRE. De REVIVRE. Et si la charge paraît trop lourde, si vous avez l’impression qu’elle vous pèse tant que vous ne pouvez plus respirer, qu’elle vous enfonce littéralement le nez dans la boue – alors, il est là celui qui vient, il est déjà là pour vous libérer de votre fardeau.
Oui, il est là et nous invite vivement à nous décharger sur lui. À lui remettre tout ce qui nous pèse. Vraiment tout ! Et en ce temps d’avent, de cheminement vers Noël et donc vers la plus grande fête de famille de l’année, c’est aussi et particulièrement l’invitation insistante de ne pas nous charger à nouveau d’autres jougs. De ne pas nous remettre sous l’obligation d’être la cuisinière parfaite, d’avoir la maison parfaitement rangée et propre, d’avoir les cadeaux les plus chers et les mieux choisis, d’avoir l’ambiance la plus joyeuse qui soit, ni même d’avoir pour une fois dans l’année la paix entre tous les membres de la famille. Au contraire, entre le 24 et le 25 décembre, la police est appelée 5 fois plus souvent aux bagarres familiales que n’importe quel autre jour de l’année. Comme quoi.
C’est en principe simple : si durant toute l’année les relations sont tendues, ça ne changera pas pour le sapin. Et surtout si durant toute l’année vous n’arrivez pas à les réconcilier, vous ne réussirez pas à Noël. Jésus, lui, peut – mais c’est justement la différence : il faut lui laisser la charge de le faire, et aussi la liberté de décider du moment.
Les fêtes de fin d’année sont des moments de fête – à condition d’y être disposés, et de ne pas les surcharger. Et avant tout, avant d’être fête de cadeaux et de grands repas, Noël c’est Jésus qui vient. Et il vient, c’est sûr. Il suffit d’ouvrir les yeux et les oreilles, ne l’entendez-vous pas ? Ne le voyez-vous pas ?
Veillons donc à être libres pour l’accueillir. À ne pas avoir remplacé les charges qu’il nous enlève par nos fardeaux faits maison, mais à pouvoir le voir qui arrive. C’est pour la liberté que Christ vous a affranchis…
Amen.

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