Ne perdons pas confiance !

Chants : ARC 24, 1-4 ; 24, 5-6 ; 304 ; 315
Lectures : AT : Jér. 23, 5-8
Épître : Rom. 13, 8-14 Évangile : Mt 21, 1-9
PR : Hébr. 10, (19-22)23-25 (lu plus tard)

Le temps de l’Avent a commencé. Nous avons allumé la première bougie sur la couronne. Cet après-midi s’ouvrira la première porte du calendrier vivant, et peut-être avez-vous un calendrier de l’avent comme ma mère et ma grand-mère, avec des versets bibliques qui vous accompagnent jusqu’au 24. Ou tout simplement un calendrier au chocolat, qui dit que les grands enfants de 40 ou 80 ans n’ont pas droit à un peu de chocolat ?
L’Avent est une période d’attente. Attendre, ce n’est pas facile. Le calendrier de l’Avent a été créé pour faciliter aux petits l’attente de Noël. Il y a des grands qui n’aiment pas non plus attendre. Et certains n’attendent même pas. Depuis des mois, je vois des petits gâteaux de Noël dans les rayons de certains supermarchés. Et avec eux, la question de conscience, est-ce que j’en achète déjà maintenant ou est-ce que j’attends le mois de décembre ?
Mais maintenant, l’Avent est là, et il est une période d’exception. Temps de préparation. Temps de stress, il faut tout réussir pour le réveillon, il faut avoir tous les cadeaux. Un temps où le froid nous mord le nez, mais où la souffrance de ceux qui n’ont pas de logement chauffé, ne nous laisse pas de marbre. Mais aussi le temps des lumières, temps du thé à la cannelle, temps des chants de Noël. Et dans ce temps, nous est donné ce passage :
Lecture Hébr.10, 19-25
C’est un passage en trois temps. Il fait état de ce qui s’est passé lors de la venue du Christ dans ce monde, voici près de 2000 ans. Il le décrit en focalisant le thème central du vendredi Saint : la séparation entre Dieu et les humains est déchirée, anéantie au moment où le corps de Jésus périt sur la croix. Dieu devenu homme, meurt sur la croix pour nous donner la vie. Et notre lettre nous invite de garder fermement ce savoir, cette espérence-là.
Elle nous fait faire face au présent : veillons les uns sur les autres, pour nous encourager à mieux aimer et à faire des œuvres bonnes.
Et elle pointe vers l’avenir : le jour du Seigneur approche. Ce qui vient, c’est plus que Noël 2013. C’est plus que notre fête de famille, plus aussi que nos cultes festifs. Nous ne savons que trop bien que ce monde n’est pas comme il devrait être. S’il était meilleur, vous n’auriez pas passé tant de temps ce week-end à rassembler des dons de nourriture pour ceux qui en manquent. Il n’y aurait pas tant de souffrances et de colères dans les familles, il n’y aurait pas tant d’enfants qui fêtent Noël tantôt avec Papa, tantôt avec Maman. Il n’y aurait pas de familles vivant en voiture parce qu’ils n’ont plus de logement.
Et nous nous voyons nous heurter à nos propres limites. Tout ce que nous aimerions faire, mais nous n’y arrivons pas. Tout ce que nous voudrions aider, améliorer… et quand nous ouvrons le journal, nous décourageons devant tant de détresses. Les uns doivent toujours être disponibles, à n’importe quelle heure du jour et de la nuit, faire des heures supplémentaires, les autres sont éjectés de l’emploi et ne savent pas comment joindre les bouts. Un déséquilibre flagrant.
Et où est la place de l’Église ? Ce n’est pas – ou pas encore – le temps pour une Église confessante, militante contre l’esprit antichristique du gouvernement. Contrairement aux premiers lecteurs de notre lettre, nous ne sommes pas écartés et poursuivis à cause de notre foi. Mais nos fêtes chrétiennes, et notamment la fête de Noël, ont été vidés de tout sens pour être remplies par le commerce, et par une sorte de dorlotement de bien-être mais sans aucun pouvoir.
Pour les souffrances dans le monde, peut-être aussi pour la méconnaissance du Christ généralisée, nous espérons en Dieu. Tout comme eux, à l’époque. Nous espérons qu’il n’y aura pas de morts de froid cette année, pas de guerre pour Noël, pas de crimes, ni de grands accidents, et qu’il n’y a pas d’autres malades dans nos familles. Que ces jours à venir soient des jours bons. Nous l’espérons parce que nous croyons que Dieu, ce « bon Dieu » comme on dit souvent, est vraiment bon, qu’il est vivant et qu’il est là près de nous.
On dit que « Espérer, c’est voir ce qu’on n’a pas encore. » Mais que faire en attendant ? La recommandation de notre passage me fait presque dire, c’est dit pour ceux qui ne l’entendent pas, et ceux qui l’entendent n’ont pas besoin de l’entendre : veillons les uns aux autres, et assistons aux assemblées. Est-ce que vous avez besoin d’être appelés au culte ? Est-ce que vous avez besoin qu’on vous dise de prendre soin des frères et sœurs ? A priori, vous êtes là, et avant le début du culte tout comme durant la semaine, vous n’avez pas chômé dans l’engagement pour les autres.
Mais pour les lecteurs de cette lettre aux Hébreux, ça devait être tout aussi vrai que pour vous. Et pourtant, l’auteur apostolique ne leur dit pas « continuez, vous faites bien, maintenant perfectionnez-vous ». Au contraire, il insiste, et fait ce qu’on nous dit d’éviter en prédication : il prend les absents pour exemple à ne pas suivre.
Mais ré-écoutons ce qu’il dit :

  • Approchons-nous de Dieu avec un cœur sincère et une entière confiance.
  • Gardons fermement l’espérance que nous proclamons.
  • Veillons les uns sur les autres pour nous inciter à mieux aimer et à faire des actions bonnes.
  • N’abandonnons pas nos assemblées.
  • Au contraire, encourageons-nous les uns les autres.

Tout cela est dit en « nous ». Ce n’est pas le maître qui parle aux disciples, mais le frère aux frères. Et l’ordre des choses est important : au début, l’approche de Dieu. Puis, persévérer dans l’espérance qui se fonde dans la rencontre avec Dieu. Par l’espérance, veillons les uns sur les autres. Et pour que cette attention mutuelle puisse bien se faire, pour que nous puissions nous encourager mutuellement, faisons part des assemblées.
Et il y a là aussi l’appel de retrouver ceux qui ont baissé les bras, qui sont découragés – par la longue attente alors que rien ne change, ou peut-être blessés par nos erreurs… Je suis sûr que pour chacun de nous ici, il y a une personne qui a été des nôtres mais qui ne vient plus. Une personne qu’on a perdu en cours de route. Il y en a même beaucoup plus – nous avons 190 familles protestantes, mais 95 familles auraient du mal à rentrer dans ce petit temple ! Mais choisissez une personne ou une famille, dont on n’a plus de nouvelles depuis un bon moment.
Je vous invite, aujourd’hui en ce début d’avent, à prendre contact avec cette personne. Prenez votre téléphone, appelez-la pour demander de ses nouvelles, ou prenez la circulaire et apportez-lui-la en mains propres. Reprenez contact. Si vous manquez de courage, dites que le pasteur vous envoie. Mais en vérité, ce n’est pas moi, c’est le Christ qui vous envoie à être porteur d’espérance, porteur d’Évangile.
Amen.

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