La paix du Christ

Chants : ARC 269 ; 372 ; « Dieu vient allumer un feu sur la terre » (N. Colombier) ; 356
Lectures : AT : Mi. 4, 15
Epître : — Évangile : (= pr.)
PR : Jn 14, 27 – lu pendant le message

(message pour un noël des enfants et parents)
Un conte a été présenté, un peu comme celui-ci ou encore comme celui-là. Puis, intervient le pasteur.
La trêve de Noël, que nous propose ce conte – quel rêve pour les pays en guerre, pour les familles détruites, pour les enfants harcelés par leurs camarades… plus de coups, plus de blessures, plus d’engueulades, plus de peur ! Malheureusement, une trève, c’est comme les vacances scolaires : on les attend avec impatience, on les savoure, on s’en réjouit – mais on sait aussi très bien que c’est pas pour toujours.
Noël veut être plus que ça. Plus qu’une petite trêve dans le combat quotidien, plus qu’une fête familiale vite oubliée, plus aussi qu’une rencontre où peut-être nous faisons semblant de bien nous entendre, justement à cause de l’esprit de Noël… et alors, c’est tendu parce que surtout il ne faut pas faire de tache sur la nappe blanche, il ne faut rien dire ou faire qui fache, il ne faut pas contrarier. Mais il faut être heureux et joyeux, et ne taper sur les nerfs de personne.
Pas facile.
Pour un instant, je vous invite à changer de lieu, mais pas tellement. Nous nous trouvons autour d’une table, un groupe d’hommes qui vient de manger. Ils n’ont pas de bûche sur la table. Peut-être ont-ils une bûche dans la cheminée, on ne sait pas. Mais les soirs de printemps sont froids en Israël. L’un d’eux parle, c’est Jésus, et la table est celle de la Cène, du dernier repas de Jésus.
Et Jésus dit : C’est la paix que je vous laisse, c’est la paix que je vous donne. Je ne vous la donne pas comme le monde donne. Ne soyez pas inquiets, ne soyez pas effrayés. (Jn 14,27)
Cette petite phrase, qui est tirée d’un long discours, veut couronner notre histoire de la bûche. Elle nous envoie encore plus loin que la bûche, plus loin qu’une trêve. Jésus, l’enfant de la crèche, nous promet une paix qui n’est pas qu’une trêve, mais une paix durable. Une paix vraie, véritable. La paix de Jésus n’est pas comme les traités de paix des hommes, qui souvent ne font que poser la base pour le prochain conflit. La paix de Jésus est une paix stable, nous n’avons pas à marcher sur des œufs pour éviter toute provocation, nous n’avons pas à avoir peur de contrarier qui que ce soit, à nous excuser de faire du bruit, de poser des questions ou tout simplement d’être là. La paix de Jésus, elle nous donne le droit d’être nous-mêmes. Le rêveur, le sportif, le bruyant et le silencieux, ils ont tous le même droit de vivre, d’être eux-mêmes.
Pas de peur, pas d’inquiétudes… wow.
Et qu’est-ce que ça nous coûte ? C’est souvent la question que nous nous posons sans la prononcer : qu’est-ce qu’il faudra payer pour ça ? Que va me coûter la paix du voisinage, que va me coûter de ne plus être embêté par tel autre élève… donc, que coûte la paix que Jésus nous propose ? Parce que dans notre monde, toute chose a un prix. Je ne sais pas pour vous, les jeunes, mais moi j’ai souvent entendu que « si tu n’es pas sage, tu n’auras rien pour Noël », et je crois que parmi les adultes, beaucoup connaissent cette « promesse ». Si tu veux des cadeaux, il faut que tu sois sage. En fait, que tu te plies aux volontés de quelqu’un d’autre. C’est fou qu’on peut tellement confondre obéissance aveugle et sagesse…
Mais la paix de Jésus est donnée. Vraiment, elle est cadeau. Sans condition, sans prix, sans exigence. C’est un véritable cadeau. Même qu’il coûte cher, parce que Jésus le paie de sa vie. Mais pour nous, c’est cadeau. Sans retenue, sans arrière-pensée, mais plein de bonnes pensées. La paix du Christ, pour toi et toi et toi et moi. Pour que nous puissions vivre, vraiment vivre.
Je vous le souhaite, du fond du cœur, que parmi tous les cadeaux que vous allez faire et recevoir, qu’ils soient petits ou grands, qu’ils aient coûté cher ou pas, que vous ne passiez pas à côté de ce cadeau de Jésus, de sa paix incomparable.
Amen.

Publicités