Avec Dieu, ça promet !

Chants : ALL 42, 1+6-8  ; 34-30  ; 34-34  
Lectures : AT : =pr.
Epître : Eph. 3, 14-21 Évangile : Jn. 15, 26-16,4
PR : Jér 31, 31-34

L’historien qui lit ces versets peut être surpris. Car du temps de Jérémie, le royaume d’Israël n’existe plus. Ça fait près d’un siècle que Samarie, la capitale d’Israël, est tombée dans les mains des Assyriens. Les assyriens, eux aussi, ne sont plus là, du moins en tant que puissance mondiale qui fait face à l’autre puissance mondiale de ces temps-là, l’Égypte.
Jérémie nous transmet un message de Dieu, qui parle d’un pays dont le messager, le prophète n’a connaissance que par les contes des anciens. Israël n’existe plus, et l’endroit où il était, ne le connaît plus. Cela n’empêche pas Dieu de faire une promesse à Israël, pays et peuple éradié et éteint, autant et presque plus qu’à Juda qui jusque là arrive encore à subsister, en manoeuvrant entre les puissances mondiales.
Oui, Dieu fait une promesse. Or, des promesses, nous en avons entendu durant les mois passés, et il faudrait être dupe pour croire que toutes les promesses du candidat élu, ou toutes les promesses que nous entendrons encore jusqu’aux élections législatives, seraient tenues. Nous savons bien ce que ça vaut, une promesse électorale. Et nous savons peut-être aussi les limites de nos propres promesses…
Dieu fait une promesse. Dieu fait une promesse qui tient. Qu’il tiendra, advienne ce qui viendra. Dieu n’est pas faible comme nous, et Dieu ne veut pas nous inciter à l’élire. Dieu n’a pas besoin de promesses électorales pour nous amadouer, pour gagner notre sympathie. Dieu est Dieu, il s’est lié à nous, et s’il nous demande de lui faire confiance, ce n’est pas pour que lui, il en tire profit. C’est uniquement pour notre bien.
La promesse que Dieu nous fait, c’est la promesse d’une nouvelle alliance, une alliance qui est tout autre que celle qui existait alors. L’alliance ancienne est une alliance gravée dans la pierre – et nous savons que cette pierre était dure, mais n’a pas survécu à la descente de la montagne, parce que l’alliance avait été rompue par les Israélites avant même qu’ils en avaient conscience. La pierre est dure, l’encre parfois aussi, et une alliance écrite sur papier ou gravée dans la pierre, c’est un pacte qui nous lie étroitement aux dispositions fixées, figées.
Et Dieu a vu que l’alliance gravée dans la pierre a promu les cœurs de pierre. Les humains devenaient aussi figés que les paroles dans la pierre, et en même temps cherchaient comment contourner ces pierres. Alors, Dieu promet une alliance autre. Une alliance qui ne peut être rompue, car elle ne sera pas gravée dans la pierre, elle sera fondée dans la chair, dans nos entrailles, dans nos consciences, dans nos âmes et dans nos vies. Ce ne sera pas une alliance imposée, mais une alliance fondatrice, une alliance au fond du cœur. Ce sera une alliance qui n’aura plus besoin d’être enseignée, il n’y aura pas d’enseignement civique pour le peuple de Dieu, car tout le monde la connaîtra, et elle sera aussi naturelle pour tous que la rosée du matin. Comme il est un besoin vital de manger, de boire, de dormir, il sera un besoin vital pour tous de vivre cette alliance, non pas de la suivre mais de l’être.
Dieu lui-même se donnera autant dans cette alliance, il ne se contente pas d’être l’un des partenaires, tout comme nous, il sera partie intégrante de cette alliance et elle sera une partie de lui, il ne pourra plus être sans cette alliance. Tout comme elle fera partie de la nature et de l’existence des humains, elle fera partie de la nature et de l’existence de Dieu.
Cette promesse d’alliance est si forte, qu’elle peut même s’adresser à un peuple anéanti, à un peuple qui n’a plus d’existence. Même qu’elle s’adresse à ce peuple d’Israël rayé de la carte depuis bien un siècle, avant d’inclure Juda, les subsistants de ceux qui portaient la promesse d’Abraham et de Moïse.
Aujourd’hui, entre l’Ascension et la Pentecôte, l’Église du Christ est jetée sur la promesse. Le Christ est parti, il a quitté l’existence locale pour pouvoir exister pour le monde, pour le kosmos entier. Le consolateur qu’il a promis, n’est promis que pour la semaine prochaine. Autant à nous de supporter le vide. A nous de ne pas le combler comme Aaron pendant que Moïse était sur la montagne  ! A nous de faire confiance à Dieu, faire confiance à la promesse du Christ, à attendre fidèlement le consolateur, l’Esprit Saint. A nous, en fait, de vivre déjà maintenant cette alliance promise par la bouche de Jérémie, réalisée en Jésus-Christ, de vivre en enfants de Dieu, en chair et en os, non pas dans la crainte et la peur, mais dans la joie des enfants. A nous de vivre tout simplement selon notre nature d’enfants de Dieu. De nous laisser nourrir par Dieu, par sa Parole annoncée et par la Parole incarnée dans le pain et le vin qui nous font participer à la nature et la vie du Christ, Fils de Dieu avant la création. Soyons ce que nous sommes, tout simplement  !
Amen.

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