Restez en contact

Chants : ARC 95  ; 242  ; 523  
Lectures : AT : Ex. 32, 7-14
Epître : 1Tim. 2, 1-6a Évangile : Jn. 16, 23b-28.33

PR : Col 4, 2-4
Après une série de recommandations pour certains groupes, Paul s’adresse à toute la communauté. Il donne un conseil à tous, et met en quelque sorte le message de toute sa lettre en une seule phrase  : restez en dialogue avec Dieu. Persévérer dans la prière, ce n’est rien d’autre que ce qu’il disait dans les trois chapîtres précédents, c’est être conscients du grand cadeau que Dieu nous a fait en nous donnant son fils Jésus-Christ pour qu’il nous ramène auprès du Père. C’est vivre dans le respect de Dieu, sans se laisser embobiner par ces docteurs de la Loi qui vous disent qu’il faut à tout prix respecter telle ou telle préscription sinon Dieu ne voudra pas de vous. C’est au contraire vivre en enfant de Dieu, sans condition, et avec la seule règle d’aimer Dieu et nos semblables.
Persévérant dans la prière, nous ne pouvons pas faire autrement que de respecter notre prochain, d’agir avec nos frères de cette façon que la liturgie de l’Église Réformée de France appelle la soumission mutuelle, paradoxe par excellence. Comment ne pas penser à ces deux japonais qui mutuellement voulaient exprimer leur respect, et au moment d’entrer dans la salle de restauration, l’un dit à l’autre  : « Après vous, cher ami ! » L’autre refuse  : « Non non, après vous ! » Et s’ils ne sont pas morts depuis, ils sont certainement encore devant cette porte à mutuellement se prier d’y entrer.
La soumission mutuelle, le respect mutuel, ce n’est pas ce que font ces deux-là. Eux, ils se rendent ridicules, chacun pour soi et même l’un l’autre. La soumission mutuelle, au contraire, nous demande de prendre conscience des particularités, des qualités et faiblesses de chacun et de le traiter en fonction de ce qu’il est, et non pas en fonction de ce que nous pourrions attendre de lui.
Pour les uns c’est impossible. Les autres le font, sans trop s’en rendre compte, tellement ça leur paraît tout naturel. Et pourquoi  ? Parce que du fait qu’ils parlent tout le temps avec Dieu, qu’ils prient et sont reconnaissants, ils agissent comme Dieu le veut. Sans y réfléchir, sans longue méditation sur qu’est-ce que Jésus ferait à ma place, car ils sont constamment en contact avec Dieu, et la volonté de Dieu leur est devenue une nouvelle nature.
A cela, Paul ajoute une demande personnelle. Il est en prison, et pas seulement pour une nuit comme c’était le cas à Philippe. Il est incarcéré et son avenir est incertain. Aux Colossiens, il demande d’intercéder auprès de Dieu pour que Dieu le libère de cette situation, afin qu’il puisse retrouver son destin.
Mais, Dieu ne sait-il pas très bien où Paul se trouve, comment il va et de quel pétrin il faut le sauver  ?
Bien sûr, mais il ne faut pas en conclure que Dieu intervient toujours sans que nous ne l’ayons demandé. Comme tout Père digne de ce titre, Dieu a certainement une idée pédagogique. Nous-mêmes n’intervenons pas non plus pour chaque petit souci de nos enfants, ce serait les conduire à l’irresponsabilité parce que Papa règle tout. Mais nous voulons les éduquer à être des personnes responsables. Et Dieu, notre Père au ciel, veut aussi que nous agissions en personnes responsables.
En plus, Dieu veut être prié. Au premier regard, ça paraît méchant, quelqu’un qui se laisse prier n’est pas quelqu’un de très sympathique. Mais si vous vous souvenez de votre jeunesse, vous aviez peut-être un camarade de classe qui recevait tout, sans trop demander  ; il suffisait qu’il exprime vaguement un désir pour que son père l’accomplisse. Moi, j’en avais un dans ma classe, et je peux vous dire qu’il n’était pas aimé par les autres… en plus, il était vraiment malheureux, parce qu’il n’avait jamais la chance de désirer, d’espérer que son souhait s’accomplisse tout en craignant que peut-être il n’y en aurait rien… il ne connaissait pas la joie d’un souhait accompli après tant d’attente, et toute la vie lui était fade.
Dieu ne veut pas de triste existence pour nous. Il veut nous offrir une vie qui vaut la peine. Et il ne nous gâte pas inutilement. Si nous désirons vraiment une chose, et nous la demandons à Dieu avec insistance, il accomplira notre voeu. Et nous en serons heureux, bien plus heureux que si tout était toujours facile.
Paul doit rester en prison, pour le moment. Mais si les Colossiens prient pour lui, ou si nous prions pour le pasteur Youcef Nadarkhani qui est menacé de la peine de mort pour le seul crime d’être chrétien, comme Paul à son temps, si nous prions avec insistance pour Youcef et pour son avocat qui risque sa vie et celle de sa famille pour soutenir les hommes comme Youcef qui ne font qu’exercer un droit fondamental, le droit de croire ce qu’il veut, si nous prions pour les opprimés de ce monde, Dieu nous écoutera, il interviendra. Comme il a sorti Paul de prison, comme il lui a permis de reprendre son ministère de missionnaire du Christ. Dieu écoute nos prières, mais il veut qu’elles viennent du cœur. Donc, prions du fond du cœur  ! Oublions les phrases apprises par cœur et parlons à Dieu comme à un ami  !
Et comme Paul nous invite, prions non seulement pour les prisonniers à cause de la foi, prions aussi pour tous les missionnaires, prions pour les hommes et femmes dont la raison d’être est d’annoncer l’Évangile.
Amen.

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