il descend, et il relève…

Chants : ARC 471  ; 496  ; 493  ;
Lectures : AT : =pr
Epître : 1Cor 15, 1-11 Évangile : Mc 16, 1-8
PR : 1Sam 2,1.6-8a

Les enfants viennent de nous lire un extrait du chant de Anne, Hannah en hébreu, la mère d’un petit Samuel. En hébreu, son nom veut dire « Dieu a écouté ».
Et j’ai plein de liens entre ce chant et le Nouveau Testament. Vous en voyez aussi  ?
Il y a la femme qui n’avait pas d’enfant, et Dieu lui permet de donner naissance à un garçon. Ce garçon sera un prophète, il annoncera la parole de Dieu, il parlera aux rois et aux gens modestes.
Ici Hannah et son fils Samuel, là Elisabeth et son fils Jean qu’on appelle le Baptiste.
« Dieu a écouté », le nom du petit – et un homme qui chante que Dieu est venu visiter et délivrer son peuple  : Zacharie, le mari d’Élisabeth, le père de Jean-Baptiste.
Une femme, qui vit les joies – et certainement aussi les peines – de la première maternité, chante les louanges du Seigneur. « Mon âme exalte le Seigneur, chante-t-elle, il renverse les rois de leurs sièges, et il relève les petits. Il donne beaucoup de richesses à ce xuqui ont faim, te les riches, il les renvoie les mains vides. »
Deux femmes qui tiennent le même discours, et un autre couple dans une situation semblable qui lui aussi loue le Seigneur Dieu. Et pourtant, il y a comme un hic. Vous l’avez remarqué  ?
Tous les parallèles que je viens de citer, font partie des récits de Noël. Mais aujourd’hui n’est pas Noël, aujourd’hui, c’est – Pâques. Pourquoi donc ce passage  ?
Parce que les chants de Hannah, de Zacharie, de Marie sont des chants prophétiques. Ils louent Dieu pour sa puissance, parce qu’il peut changer le monde, il peut renverser tout le système dans lequel nous vivons. Il peut faire que nous adultes, nous devenons les élèves de nos enfants et petits-enfants. Il peut faire que les riches perdent leurs richesses, et que ceux qui vivaient dans le manque, connaissent l’abondance.
Mais ça, ce n’est pas encore « Christ est ressuscité », ou bien  ?
Mais si. Car justement, le fait qu’un homme mort ressuscite, c’est renverser notre système. Dans notre vie, la mort est à la fin, et après la mort, il n’y a pas grand’chose. Il y a une tombe, et du reste, on n’en sait rien.
Là, après la mort, la vie commence. Pas vraiment comme avant, mais elle prend le dessus. Et tous ceux qui se croyaient trop éloignés de Dieu pour qu’il pense à eux, qui se croyaient peut-être trop bêtes ou trop petits ou trop malfaiteurs – eux tous peuvent maintenant être les premiers à être appelés enfants de Dieu.
Par contre, il y avait des hommes qui avaient le monopole de Dieu, et qui pouvaient dire à chacun  : Dieu t’aime, ou Tu dois encore faire bien plus pour que Dieu t’aime à nouveau. Ces hommes, c’étaient les prêtres du temple. Mais maintenant, Jésus est là, mort et ressuscité, et il a renversé tout ce système. Maintenant, ce n’est plus gagner des points auprès de Dieu pour obtenir un jour le diplôme du « bien-aimé de Dieu », maintenant il s’agit de l’aimer parce que Dieu nous aime déjà. Il nous aime malgré les bêtises que nous faisons, malgré nos erreurs, malgré la peine que nous avons souvent à nous aimer nous-mêmes. Et il rejette le message des prêtres qui disent que si Dieu n’est pas content de toi, tu mourras. Non, il a rappelé Jésus à la vie pour que Jésus nous tire derrière lui. Comme les enfants que je vois, toutes les semaines, aller vers la piscine  : un instituteur devant, et tous les enfants derrière l’un après l’autre, se tenant par la main.
Autrefois, c’était un privilège d’être puissant et riche  : on peut acheter beaucoup de choses quand on est riche, et on peut aussi acheter beaucoup de choses pour Dieu.
Aujourd’hui, Dieu dit que tout cela n’a pas de valeur. Au contraire, il préfère quelqu’un qui est pauvre et qui attend tout de Dieu, à un autre qui est riche et qui croit pouvoir tout faire par ses propres moyens. Dans le temple, le pauvre est assis à côté de celui qui a beaucoup, et ils partagent la même table. Tout à l’heure, quand nous mangerons ensemble, personne ne demandera à l’autre l’état de son compte en banque. Ce qui nous tient tous ensemble, c’est que nous attendons tout, et même le mieux, de Dieu.
Ainsi, le chant de Hannah, de Zacharie, de Marie se réalise devant nos yeux, sous l’effet du ressuscité. Et nous sommes invités à le chanter avec eux.
Amen.

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