payés au prix fort

Chants : NCTC 34, 1.2  ; 258  ; 212  ;
Lectures : AT : 1Rois 19, 1-8
Epître : (Eph. 5, 1-8a) Évangile : Lc 9, 57-62
PR : 1Pierre 1, 18-21

Vous êtes infiniment précieux. Voilà le message de l’apôtre Pierre ce matin. Il précise  : Vous êtes infiniment précieux, car Dieu vous a achetés, rachetés de la mort, et il vous a payé cher. Non pas avec de l’or, ou encore des diamants – non, il a payé par le sang, par la vie de son fils Jésus-Christ.
Vous avez été rachetés – autrement dit, vous avez été libérés de l’esclavage du péché, par le sacrifice de Jésus qui lui n’avait pas commis la moindre faute.
Et comme si cela ne suffisait pas encore, il rajoute  : ce rachat a été prévu depuis la nuit des temps. Et c’est à cause de tout ceci que vous croyez en Dieu, que vous espérez en lui.
D’accord, mais jusqu’ici, ce n’est qu’une leçon de catéchisme. En principe, nous savions tout cela, et nous l’avons entendu assez souvent par les formules liturgiques qui y font allusion.
Ce qui peut surprendre, c’est que ce rachat, cette crucifixion qui devait nous libérer, avait été prévue avant même que le monde ne fût créé. Quand Dieu crée le monde, il sait déjà qu’avec les humains, ça n’ira pas comme il l’aurait souhaité, et qu’au bout d’un certain temps il faudra que son fils se fasse tuer pour redresser tout ce qui ne va plus entre les humains et leur créateur. Comment ça  ? Dieu crée un monde faillible, un monde faillitaire  ? Qu’est-ce que c’est comme histoire  ?
Et pourtant, c’est exactement ce qu’écrit l’apôtre Pierre. Mais il n’écrit pas pourquoi Dieu a créé ce monde imparfait – enfin, imparfait à nos yeux. Il n’écrit pas pourquoi Dieu n’a pas simplement créé un monde qui fait ce que Dieu lui demande, avec des humains qui ne viennent pas à l’idée de faire ce qui leur vient à la tête, mais obéissent toujours à ce que Dieu leur dit. Dommage, j’aurais bien aimé le savoir.
Mais là n’est pas l’intérêt de Pierre. Notre passage s’inscrit dans un chapitre entier sur la conduite de vie, sur une façon de vivre qui plaît à Dieu. Juste avant les versets que nous venons d’entendre, Pierre écrit – et je paraphrase  : « Au juge impartial, qui sans le moindre favoritisme, juge chacun selon sa manière d’agir, à ce juge vous vous adressez comme des enfants qui parlent à leur père. Conduisez-vous donc comme des enfants qui veulent plaire à leur père, et respectez les règles selon lesquelles ce juge va juger le monde. » Et il rajoute que nous avons été payés très cher. Libérés de l’esclavage, mais aussi libérés du procès, du jugement qui nous aurait condamnés. Jésus a payé la rançon, il a payé l’amende et la caution pour que le procès contre nous n’ait pas lieu. Il lui a fallu donner tout, tout ce qu’il était. Il l’a fait, il a suivi son destin.
Vous êtes rachetés, la rançon est payée, dit Pierre, vous n’avez plus rien à craindre. La conséquence de ce rachat est que vous pouvez croire en Dieu, que vous pouvez espérer en lui. Remarquons bien  : c’est parce que Jésus-Christ a payé le prix que nous pouvons croire. Certains veulent vous faire penser que d’abord vous devez croire en Dieu, et adapter toute votre vie à la volonté de Dieu, et après, Dieu regarde si votre vie est assez bonne, si votre foi est assez ferme, et selon le constat, éventuellement le sacrifice de Jésus compte aussi pour vous. Mais si vous ne croyez pas assez, si vous n’êtes pas assez pieux – dommage pour vous.
Non, ce n’est pas ainsi, ne le croyez surtout pas. Le prix est payé, et il a été payé pour vous. Ça, c’est le centre, et c’est à ÇA que vous devez vous tenir. Le salut ne dépend pas de vous, Jésus vous l’offre.
Cependant, Pierre n’encourage pas à faire n’importe quoi. Puisque nous avons une relation privilégiée au créateur et juge de ce monde, que nous appelons père, Pierre nous appelle à transformer notre vie en sorte qu’elle plaise à notre père. Non pas par obligation, ou, encore pire, de force, comme on obéirait à un tyran, mais pour lui faire plaisir. Comme un enfant qui veut faire plaisir à son père, qui veut tout faire comme le père le ferait, et qui se réjouit de pouvoir réjouir ses parents. Pour faire plaisir au père et non pas pour notre propre intérêt, tâchons donc de nous conformer de plus en plus à la volonté de Dieu, de l’aimer de plus en plus et d’aimer de ce même amour nos frères et sœurs qui ont autant été rachetés que nous. Les enfants aimés n’agissent pas par la peur, la crainte, ils agissent par l’amour. Faisons comme eux, car nous sommes les enfants bien-aimés de Dieu  !
Amen.

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