promesses électives ?

Chants : ALL 105  ; 41-26  ; 41-05  ;
Lectures : AT : Ex. 33, 17b-23
Epître : Rom. 12, 4-16 Évangile : Jn 2, 1-11
PR : 1Cor 2, 1-10

2012 est une année élective, dans l’Église et dans la République. En plus, nous pouvons suivre les primaires aux États Unis. Heureusement, notre Église ne connaît pas les campagnes électorales  !
Les campagnes électorales, les publicités à la télé, les discours de certains gourous – ils ont une chose en commun  : ils veulent nous embobiner. Ainsi, chacun se présente comme le plus fort, le plus beau, le moins cher, il démontre ses capacités multiples.
C’est ce que Paul appelle « le prestige de la parole ». Les beaux discours. Il parle aussi de « sagesse », ce qui désigne la connaissance et le savoir-faire. Ça aussi, on le trouve dans les publicités, et parfois dans les discours électoraux  : nous savons bien faire, nous faisons mieux que les autres.
Tout cela est bien beau, dit Paul, mais je n’ai rien voulu en savoir quand je suis venu vous annoncer l’Évangile de Jésus Christ. Je n’ai pas cherché à vous démontrer à quel point l’Évangile est meilleur que toutes les autres croyances. Je n’ai pas tenté de vous montrer combien je suis plus fort, plus éloquent, plus courageux que les autres prédicateurs. Au contraire, j’étais tout faible, plein de peur et mes mains tremblaient quand je vous parlais, et au lieu de beaux discours, je n’avais que le Christ.
Ainsi, tout l’effet que vous a fait ma prédication, ce n’était pas le résultat de mes capacités rhétoriques, ce n’était pas non plus parce que j’aurais été particulièrement savant – non, tout ce que mon discours vous a fait, c’était uniquement l’effet du Saint Esprit. Si vous croyez en Jésus, ce n’est pas parce que je vous ai embobiné et enturlupiné, mais parce que l’Esprit de Dieu vous a touchés.
Et pourtant, le message que je vous ai donné, le message du Christ, est un message plein de connaissances, un message plein de mystères pour ceux qui n’en savent rien et ne veulent rien en apprendre, mais une richesse de connaissance et de sagesse pour vous. Une sagesse très riche que Dieu avait préparée depuis des siècles, et que tous les puissants du monde ignorent. Que valent tous les hommes d’état du monde  ? Que valent les chefs du temple, les laïcards, les veilleurs de la bonne doctrine  ? Ils ont persécuté le Christ, ils l’ont crucifié. Ils ne comprennent rien, ils ne valent rien. Et Paul en faisait partie. Mais Paul a vécu l’inouï, il a vu ce qu’on ne pouvait voir, Dieu l’a touché au cœur et c’est pourquoi il est maintenant messager du Christ.
Notre entrée dans la communauté des chrétiens, pour beaucoup, était à la main des parents, après un baptême que nous avons reçu au plus jeune âge. Et nous sommes restés, parce que quelque chose nous a attachés. Et nous avons été touchés, par ce message tout simple du Christ. Non pas par des promesses brillantes et incroyables – corrigez-moi si je me trompe – mais par le simple message de l’Évangile. Nous n’avons pas été touchés par des hommes qui cherchaient à amasser le plus de pouvoir possible, mais par le crucifié, impuissant par excellence.
Paul nous le rappelle pour une bonne et simple raison  : si nous avons été touchés par le simple message de l’Évangile, ne nous détournons pas de cette simplicité qui peut paraître basique. Tellement de charlatans veulent nous prendre non seulement notre argent, mais aussi le salut en Christ. Ils veulent nous faire croire que parce qu’ils crient plus fort, parce que leurs discours sont plus beaux et plus sophistiqués, qu’ils ont mieux à nous proposer que le message du Christ.
La chrétienté n’est pas une société secrète, c’est ce qui la distingue de bien des groupes des premiers siècles, mais aussi, par exemple, des francs-maçons qui veillent jalousement à ce que leur savoir ne soit pas révélé au grand jour. La sagesse de Dieu est une autre  : c’est un savoir qui se transmet, qui se partage. L’éloquence de Dieu se réalise justement dans la simplicité, dans le bredouillement, dans les mains qui nous tremblent quand nous disons, « tu sais, je suis chrétien ». Quand nous proposons à quelqu’un de prier pour lui.
Mais, dites-moi  : si même l’apôtre Paul, qui écrit des lettres tellement instruites et éloquentes, a un mal fou à se montrer fort et fier de cet Évangile qu’il proclame, devons-nous en avoir honte  ? Cacher notre foi parce que d’autres pourraient ne pas l’apprécier  ? Mais c’est QUI que vous craignez  ? Les autorités civiles  ? Si ça se trouve, elles ne savent même pas que vous êtes protestants. Les laïcards de service  ? Ils ne savent rien du Christ, les pauvres. Les représentants d’autres cultes  ? Soit ils sont chrétiens, et ne feront que soutenir votre action missionnaire. Soit ils ne le sont pas, et donc ne savent rien des libertés évangéliques et de l’Esprit qui nous anime.
N’ayez donc pas peur, soyez fiers de l’Évangile, et surtout n’essayons pas de l’envelopper pour mieux le vendre  : outre le fait de nous mettre au même niveau que les colporteurs sectaires, nous trahirions inévitablement le Christ et son Évangile. Il veut être aimé pour lui-même, et non pas parce que la communauté serait tellement sympathique ou qu’il y a du café après les études bibliques. Gardons en tête, pour seul souvenir  : Jésus-Christ est le Sauveur. Et tout le reste viendra par lui-même.
Amen.

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