Enfants !

Chants : ARC 98  ; 365  ; 381  ;
Lectures : AT : Mi 5, 1-4a
Epître : Tite 3, 4-7 Évangile : Lc 2, (1-14)15-20
PR : 1Jn 3, 1-6

Jean l’Apôtre est un pédagogue, un catéchète. Ça se remarque par la structure de sa première épître, qui nous explique, en déduisant, en concluant, les fondements de sa théologie chrétienne.
Aujourd’hui, son thème est, une fois de plus, « vous êtes enfants de Dieu ». C’est son thème à lui, et il peut nous paraître un peu déplacé, en ce matin de Noël, alors que nous sommes venus contempler et fêter le Dieu devenu enfant de l’homme. Notre thème, notre leitmotif de ce matin n’est-il pas la nativité dont nous venons d’entendre le récit, l’enfant dans la crèche représenté sur la table de communion  ?
Mais d’abord, Jean nous parle de ce qui est lié à Noël depuis de longues années  : d’un cadeau. Quel est ce cadeau  ? « Nous sommes appelés enfants de Dieu – et nous le sommes ! » Un cadeau, d’être appelés enfants  ?
Oui, c’est un cadeau pour tous ceux qui n’ont pas de Père, pour tous les orphelins c’est un grand cadeau, d’avoir un papier qui leur dit « maintenant, tu es considéré comme l’enfant de…
Qui est ton père  ? A qui peux-tu te confier dans tous les soucis  ? Qui est-ce qui te donne conseil quand tu ne sais pas comment avancer  ? De qui tiens-tu ton nom  ?
Jean nous dit  : c’est Dieu le Père. Dieu, le père de cet enfant dans la crèche, dont le papa n’est pas marié à la maman. Dieu, le père véritable de l’enfant auquel les autres disent « tu n’as pas de père ». Ce Dieu est aussi notre Père. Il l’est en vérité, sans le moindre doute. Certes, nous sommes appelés d’après le Fils, le Christ, mais le Père tient du fils un de ses noms  : Dieu, le Père de notre Seigneur Jésus-Christ.
Et nous portons déjà ce nom, même si ce n’est pas encore révélé au grand jour à quel point nous sommes les enfants du Père Dieu. Il y a encore un grand secret, un mystère – même pour nous. C’est un peu comme l’orphelin qui sait qu’il a été adopté, mais qui ignore encore par qui, si c’est une famille riche ou modeste, avec d’autres enfants ou pas…
La levée du mystère aura lieu quand Jésus se manifestera dans la gloire et dans la puissance. À ce moment-là, nous le verrons tel qu’il est, vrai homme de vrai homme et vrai dieu de vrai Dieu. Et à ce moment-là, il sera visible pour le monde entier que nous sommes les enfants de Dieu, et tout ce que cela signifie. Il suffit d’espérer en Christ seul pour lui ressembler, pour être pur comme lui-même, pour être juste comme lui-même.
C’est un grand programme  : ne vous fondez que sur Jésus-Christ, rejetez tout autre terrain de construction, fusionnez avec le Christ. Mais, en même temps c’est simple  : c’est lui qui a fait le choix pour nous, nous n’avons qu’à accepter. Nous avons en main le passeport au nom chrétien, il suffit de l’utiliser.
Qui a parlé d’actes mauvais, d’injustices  ? Ceux qui sont en Christ ne font pas de telles choses. Ceux qui sont en Christ font comme il ferait lui-même. Donc, nous ne commettons plus de fautes, plus de méchancetés, plus d’injustices parce que nous sommes purifiés en Christ.
Une vie toute nouvelle, toute transformée, par cet acte d’adoption, ou devrais-je dire de reconnaissance de paternité, voilà ce qui nous est promis pour ce Noël 2011.
Oui, c’est assez mystérieux. Ce n’est pas vraiment accessible à la seule raison cartésienne. Mais j’ose dire que c’est peut-être d’autant plus vrai. Et pour comprendre ce mystère, il me semble qu’il faut aller plus loin. Plus loin que la prophétie que nous avons méditée hier soir, « un enfant nous est né, un fils nous est donné… » Aller plus loin pour pouvoir, d’une certaine façon, voir le revers de la médaille  : maintenant c’est à nous d’être les enfants nouveaux-nés, les enfants donnés au Père. Autrement dit, non pas un enfant nous est donné, mais un Père nous est donné. Acceptons-nous ce cadeau exceptionnel  ? Voulons-nous être enfants de Dieu  ?
Amen.

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