Oui ou non

Chants : ALL 33, 1.2.5  ; 14-01  ; 23-10  ;
Lectures : AT : Es. 52, 7-10
Epître : Phil. 4, 4-7 Évangile : Lc 1, (39-45)46-55(56)
PR : 2Cor. 1, 18-22

Rares sont les occasions quand on entend un simple oui comme réponse. Et souvent ce sont des occasions des plus importantes dans la vie  : lors du mariage. Certes, il y en a d’autres  ; il faut que je dise oui trois fois pour effacer un message de la boîte vocale de mon téléphone portable. Mais c’est aussi toute la différence  : le maire, entendant le oui, s’en contente pour déclarer le mariage conclu. La boîte vocale ne me fait pas confiance (ou doute de ses propres oreilles, qui sait) et redemande encore trois fois si je veux vraiment effacer ce message.
Paul n’a pas de téléphone portable, mais il connaît ce problème  : une promesse est-elle fiable  ? Peut-on compter sur la parole donnée  ?
Une parole humaine ne peut être 100% fiable, il y a toujours un peu de doute qui reste, une petite possibilité de refus en dernière minute. Il y a dans tout projet humain du oui et du non, dit Paul. Mais, ce n’est pas vrai pour les projets de Dieu. Si Dieu dit oui, c’est oui, coûte que coûte. La promesse de Dieu s’est réalisée en son Fils Jésus.
Là, il n’y a même pas l’ombre d’un doute, Jésus est la promesse incarnée, la promesse tenue incarnée, bien entendu  ! Paul a trois témoins, lui-même, Silas et Timothée, trois témoins du Christ et de sa fiabilité.
Avec ses deux camarades, Paul a vécu la fidélité de Dieu, qu’il a prêchée partout où il allait, ce qui a incité les chrétiens corinthiens à croire en Christ.
Mais, le doute s’est emparé de leurs cœurs. Ils doutent du Christ, comme ils doutent des projets de Paul qui avait promis de passer les voir, et qui tarde à arriver. Si Paul semble montrer des faiblesses, le Dieu qu’il prêche n’est peut-être pas si merveilleux que ça non plus  ?
Un doute que Paul ne peut point tolérer. Son voyage à Corinthe se fait attendre, il le sait bien, mais il a ses raisons. Des raisons dont d’ailleurs les Corinthiens sont responsables, et qu’il les invite à régler, pour qu’il puisse venir les voir sans chagrin et aussi sans devoir les corriger.
Le voyage de Paul, donc, n’est pas une promesse vide, mais tarde à cause de raisons bien plausibles. Et la Parole de Dieu  ?
Dieu s’est engagé. Engagé aussi clairement et par une parole impossible à reprendre, tout comme les mariés à la mairie. Un oui pour un oui. Le gage de ce oui de Dieu pour nous, c’est le Fils, Jésus-Christ, Oui de Dieu aux hommes incarné, Oui de Dieu éprouvé jusqu’aux extrêmes, Oui de Dieu porté même au-delà de ce que nous pouvons comprendre. Oui de Dieu rejeté, condamné sur une croix, Oui de Dieu ressuscité pour le jugement du monde.
Dieu nous tend le contrat, l’alliance  ; Lui, s’est déjà engagé, et même sans réponse de notre part il tiendra son engagement, mais, nous dit Paul, nous n’avons qu’à mettre notre nom en bas de page, signer par notre AMEN, notre Ainsi-soit-il, le Oui déterminé de Dieu.
Qu’est-ce que nous attendons, alors que Dieu a déjà commencé à remplir sa part du contrat, alors que le Christ est déjà venu dans le monde et que nous bénéficions des bienfaits qu’il nous avait promis  ? Qu’est-ce que nous attendons, alors que Dieu nous a déjà signés des emblêmes de son alliance, que comme la marque de fer sur la cuisse du cheval, la marque de Dieu est sur nous, et qu’il nous fait parvenir les arrhes, je préfère dire la caution ou, mieux encore, le gage de son alliance. Gage qui n’est personne d’autre que le Saint Esprit.
A quoi pensez-vous en entendant ces termes, « marque de Dieu », « gage de son alliance », « Saint Esprit »  ?
Pas d’idées  ?
Piochons un peu dans les gros mots de la théologie chrétienne. Conversion. Justification. Sanctification. Sacrement. Engagement. Appel. Baptême. Obéissance.
Oui, je parle du Baptême. Les autres termes ne sont pas faux, ils entourent celui du Baptême, et nous pourrions passer bien des heures à les approfondir l’un après l’autre à la lumière de notre passage biblique.
Mais nous sommes au cœur de la théologie du baptême tel qu’il est compris dans les Églises de la Réforme, mais aussi, du moins dans les grandes lignes, dans la compréhension catholique romaine. Je crois que nous sommes tous baptisés, ou me tromperais-je  ? Nous parlons donc d’un sujet qui nous concerne existentiellement  !
Le baptême est le signe extérieur de l’amour de Dieu et de son engagement, signe extérieur qui nous marque d’une onction, même si elle est faite d’eau et non pas d’huile. Le baptême d’eau est signe du don du Saint Esprit que Dieu offre à la personne baptisée. Le baptême d’eau est le symbole du Oui inconditionné que Dieu a dit à chaque être humain, et auquel il s’est engagé à se tenir, symbole du Oui de Dieu qui n’attend que notre Amen. Amen que beaucoup d’entre nous ont dit un jour, le jour de leur confirmation. Amen que vous avez peut-être dit en hésitant parce que vous n’étiez pas certains de pouvoir vous y tenir. Amen que vous avez peut-être dit parce que c’était la coutume et qu’on ne pouvait pas ne pas le dire. Amen prononcé par des adolescents, mais qui, peut-être même malgré vous, s’est frayé un chemin dans votre cœur, et a fait résonner dans votre cœur le Oui de Dieu prononcé lors de votre baptême.
Aujourd’hui, Dieu nous invite à renouveler ce Amen, ou peut-être à le dire une première fois. C’est une adhésion à son alliance qu’il faut renouveler tous les matins, tout comme un couple ne peut pas vivre toute une vie en se nourrissant du seul amour des débuts, mais doit renouveler l’amour jour après jour, renouveler son alliance, ses engagements chaque matin que Dieu lui offre. Ainsi aussi, l’Amen à Dieu se veut être répété, quotidiennement et parfois encore plus souvent, mais particulièrement dans ce culte, après avoir entendu ce passage biblique.
Observons un moment de silence, pour que chacun puisse s’examiner, et renouveler son Amen – si vous le voulez, dites « Amen » à haute voix, mais rien ne vous y oblige.
Amen.

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