Ascension – transition

Lectures
AT: 1Rois 8, 22-24.26-28
Evangile: Lc 24, (44-49)50-53
Epître: Act. 1, (1-2) 3-4 (5-7) 8-11 (12)

Deux lectures bibliques. Deux textes traitant du même événement, notés par le même auteur – et si différents ! Et les deux textes sont associés par le plan de lectures. Drôle d’idée…
Mais cette doublure de récits montre un point important : les onze – et nous aussi, ce matin – se trouvent à un point tournant. Une histoire se termine, une autre va commencer. Une porte se ferme, une autre s’entrouvre. Ainsi, dans l’Évangile, l’Ascension est une sorte d’épilogue : l’événement à raconter, c’est la venue du Christ sur terre, c’est sa présence auprès des hommes, c’est sa mort et sa résurrection. Tout ce qui suit est accessoire. Ainsi, après l’exhortation et la disparition de Jésus, l’Évangile se termine par la louange incessante de Dieu.
Le récit du livre des Actes par contre, ouvre un nouveau chapitre. Il sert d’introduction, même de prologue à ce que ce livre va transmettre : les débuts de l’Église, et l’histoire des apôtres. D’ailleurs, ce mot apôtre déjà est une nouvelle entrée dans l’histoire, car Luc dans son Évangile ne l’utilise pas, il parle des disciples. Maintenant, ils sont promus apôtres, et auront à leur tour des disciples…
Alors, ce prologue rappelle ce que le lecteur, « théophile », donc ami de Dieu, sait déjà parce qu’il connaît l’Évangile. Il ajoute quelques informations supplémentaires qui relient l’événement de l’Ascension à celui de la Résurrection. Un lien qui n’était pas nécessaire dans l’épilogue de l’Évangile : on venait de lire le récit de Pâques. Le livre des Actes a besoin de ce lien. Il lance même une flèche vers Jean le Baptiste, pour nous dire : « ce que nous allons lire ensemble, ce n’est pas venu de nulle part. Dieu l’avait prévu par sa grâce, et tout a été préparé depuis longtemps. » Comme Luc a bien ancré son Évangile dans la tradition du Premier Testament, il fixe les fondements des Actes dans la Bonne Nouvelle du Christ. Ce constat peut nous sembler banal, mais avons-nous toujours conscience que c’est le Christ ressuscité qui est le seul fondement de l’Église ? Que c’est lui notre seule raison d’être et d’agir ?
L’Ascension, point tournant dans la vie des hommes désormais appelés apôtres… ils ne la vivent pas facilement. Ils restent là à regarder le ciel, ils ne peuvent pas encore croire que Jésus est vraiment parti. Et pourtant, il l’avait dit, il l’avait redit encore… mais maintenant, ce n’est pas une annonce, c’est pour de vrai ! Au même endroit qu’avait lieu l’arrestation, ils le perdraient donc une deuxième fois, et pour de bon cette fois-ci ? Ils n’ont pas besoin d’un Jésus à côté du Père au ciel, tellement loin, ils ont besoin de lui juste à leurs côtés !
Deux promesses leur restent alors, l’une par Jésus lui-même et l’autre par les deux hommes en blanc. Deux promesses d’espérance :
« Il reviendra », disent les hommes. « De la même façon qu’il a été enlevé de vos yeux, il reviendra. » A ce moment-là, se réalisera ce qu’ils lui avaient demandé : il rétablira le Royaume visible. Il reviendra. Mais il faudra vivre, survivre le temps jusque-là…
« Vous serez baptisés avec le Saint Esprit », dit Jésus. Et ce dans peu de jours. Ils savent ce que c’est que le baptême, ils l’ont vu chez Jean, ils en ont certainement discuté. Être baptisé, c’est disparaître dans la flotte, c’est être lavé par l’eau, c’est ressortir trempé d’eau et tout propre…
Et maintenant, ils seront baptisés avec le Saint Esprit. Ils vont disparaître dans le Saint Esprit, ils vont en ressortir trempés d’Esprit, en hommes nouveaux…
Une promesse, les enfants et les parents entre nous le savent, une promesse n’est toujours qu’une maigre consolation. Mais quand même, elle console un peu. Elle aide à surmonter ce vide. Jésus a disparu pour une deuxième fois, c’est la deuxième fois qu’il est comme mort pour eux, mais… cette fois-ci c’est beaucoup moins grave. Ils savent qu’il reviendra, il l’a déjà fait, ils savent qu’il tiendra sa promesse… et en plus, cette fois-ci il n’est pas déscendu aux enfers, mais monté au ciel auprès du Père. Donc, sa disparition cette fois-ci ne leur fera pas vivre à nouveau l’enfer de la désolation, mais les rapproche de la joie divine…
Maintenant, il s’agit d’attendre. Ce sera une attente active : une attente en lien étroit avec le Christ. Ils attendent en persévérant d’un même cœur dans la prière. Ils attendent, pleins d’espérance, convaincus que Jésus accomplira sa promesse : « vous recevrez une force, qui fera de vous mes témoins, et vous parlerez de moi jusqu’aux bouts du monde. »
Amen.

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