Un seul coeur et une seule âme

Chants : ALL 12-07 ; 35-07 (1-2) ; (3-5) ; 36-30 ;

Lectures : AT: Jer.23,16-29 Epître: 1Jn.4,(13-16a)16b-21

Evangile: Lc.16,19-31

Pr : Ac.4,32-37

C’est beau, n’est-ce pas ? Presque trop beau pour être vrai. Et on parle d’une communauté de plusieurs milliers de membres actifs – non pas ceux qui sont notés sur un fichier mais qu’on ne voit jamais. Eux tous, les femmes comprises, étaient « un cœur et une âme », rien ne brouillait leur entente, et tout ce qu’ils possédaient était pour le bien commun.

Est-ce que c’est donc un rapport de réalité que Luc nous livre, ou un doux rêve pour le moins largement idéalisé ?

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Ma bénédiction…

Chants : ALL 41-06 ; 44-13 ; 42-03 ; 62-73

Lectures : AT: (És.6,1-8) Epître: Rom.11,33-36

Evangile: Jn.3,1-8

Pr : Nb.6,22-27 (lu après l’introduction)

Aujourd’hui est un jour de fête que nous oublions souvent. Or, il y a quelques siècles, la fête de la Pentecôte, tout comme celles de Pâques et de Noël, durait huit jours. On parlait d’une octave. L’octave de Pentecôte culminait dans la fête de la Sainte Trinité. Par l’Esprit Saint, nous pouvons accéder au Fils qui nous révèle le Père, et la Sainte Trinité nous rappelle que Père, Fils et Esprit, que nous distinguons pour leur attribuer certaines actions – le Père créateur, le Fils rédempteur, l’Esprit sanctificateur, par exemple – Père et Fils sont un, et l’Esprit Saint est leur souffle et donc un avec les deux. Ne nous perdons pas dans des réflexions du comment et des relations internes au Dieu un et en même temps trois personnes. Cela a occupé les théologiens des temps passés, ils s’en sont crêpé les chignons sans que cela fasse avancer en matière de foi. Disons que cela relève du mystère de Dieu qui nous sera révélé le jour venu.

Le jour de la Sainte Trinité est aussi le jour pivot entre la première partie de l’année liturgique, marquée par la vie du Christ et les fêtes christiques, et la deuxième partie qu’on appelle « le temps de l’Église ». Le fait qu’en ce jour nous nous retrouvons, pour la première fois depuis le début du carême, en prière et écoute de la Parole de Dieu, est hautement symbolique. Aujourd’hui, commence une nouvelle étape dans la vie de notre communauté. Une étape marquée encore par des contraintes, des restrictions – mais aussi par un soupir de libération : par la grâce de Dieu, nous sommes encore là, nous sommes encore Église, la communauté cordiale même si elle ne peut s’incarner se rétablit entre nous, ici et au loin.

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Pourtant, il est ressuscité !

Chants : ALL 34-07 ; 118,1.4.6 ; 34-13 ; 34-15 ; 34-18

Lectures : AT: 1Sam.2,1-8 Epître: 1Cor.15,1-11

Evangile: Mc.16,1-8

Pr : 1Cor.15,(12-18)19-28

Chers amis, frères et sœurs, c’est un gros œuf que l’apôtre Paul nous a mis dans le nid. J’ai pourtant choisi de vous le lire intégralement, car je crois que nous avons besoin de l’entendre de temps en temps. L’Évangile de Pâques chez Marc, et certains m’ont déjà fait savoir qu’ils ne l’aiment pas du tout, nous laisse perplexes. Il y a un jeune homme qui ne semble pas de ce monde, et trois femmes qui s’enfuient en courant, se cachent sans rien dire à personne. Car elles ont peur.

Une peur que nous connaissons, notamment après ce que nous avons vécu durant les dernières semaines. La peur de quelque chose que nous n’arrivons pas à voir, encore moins à prévoir. La peur de quelque chose qui dépasse notre imagination et notre compréhension. La peur qui nous enferme à la maison, et si ce n’est pas notre peur, c’est celle, tout à fait justifiée, des autres. La peur qui fait que certains achètent des tonnes de papier toilette ou de farine, des quantités qu’ils n’arriveront pas à consommer et qui manqueront aux autres. La peur qui fait qu’on applaudit les médecins et les infirmières, mais qu’on ne veut pas qu’ils habitent dans nos maisons. La peur, peur de mort.
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Un peu d’huile

Lectures : AT: Es.50,4-9                           Epître: Phil.2,5-11

Evangile: Jn.12,12-19

Pr : Mc.14,3-9

Ils sont ensemble à Béthanie. C’est un village devant les portes de Jérusalem, à une jetée de pierre du mont des Oliviers que Jésus aime tant. C’est là qu’ils se reposent, à quelques jours de la grande fête nationale. Déjà, sur la grande route pas loin, il y a des embouteillages par tous ces gens qui viennent à Jérusalem pour les fêtes, qui veulent tous être les premiers à y arriver parce qu’ils n’ont pas réservé leurs chambres d’hôtel. Personne ne veut dormir dans l’étable. Eux, ils sont chez Simon le Lépreux. Ah, Bethanie, le village des pauvres, ce n’est pas la Promenade des Anglais, c’est sûr. Mais pour des itinérants qui ne sont pas riches, c’est correct.

C’est là que surgit une femme. Elle tient dans la main un flacon précieux contenant une huile précieuse, certifiée pour l’usage rituel. Sans dire un mot elle brise le flacon et verse tout le contenu sur la tête de Jésus. Ils sont choqués. Dans la maison du Lépreux, au milieu du village des pauvres, elle déverse ainsi une fortune ! Lire la suite

Dedans ou dehors

Lectures : AT: Gen.22,1-14(15-19)         Epître: Hébr.5,(1-6)7-9(10)

Evangile: Mc.10,35-45

Pr : Hébr.13,12-14

Frères et sœurs, nous vivons des temps contradictoires. Ces jours-ci il faut être solidaires en s’isolant, montrer son attention en gardant ses distances. Les habitants de notre pays vivent une monotonie bizarre et qu’on n’aurait pas imaginée il y a quelques semaines encore, entre le passage au supermarché, éventuellement le travail par télétransmission, les prises de nouvelles par téléphone même si c’est le voisin direct, et les dernières informations sur la propagation du virus, l’une plus alarmante que l’autre.

Certains paniquent. Paniquent en achetant 100 rouleaux de papier toilette, ou des tonnes de tomates en conserves et de pâtes sèches. Paniquent en restant devant les écrans, petits ou grands, à lire ce que nous ne comprenons pas, à écouter les experts de leurs propres grâces. Ou en bravant tous les interdits, « mangeons et buvons, car demain nous serons morts. » Ou dans deux semaines. Comment maintenant passer des chiffres de contamination, de maladie et de morts à cette lettre qu’un auteur inconnu a adressé à d’autres gens que nous ne connaissons pas, il y a presque 2000 ans ? Lire la suite

Qu’est-ce qui lui prend ?

Lectures : AT: És.54,7-10                         Epître: 2Cor.1,3-7

Evangile: Jn.12,20-24

Pr : És.66,10-14

Mais qu’est-ce qui lui prend de nous proposer un tel texte débordant de joie et de bonheur, alors que nous ressentons tout le contraire ? Je ne sais pas si c’est ce que vous avez pensé en entendant ce passage. Mais il me semble fort probable que les premiers à l’avoir entendu, ont réagi avec incompréhension. Ils n’ont aucune raison de rire, eux, et même le rire jaune s’étrangle dans leurs gorges. Leur situation est lamentable. Le pays est dévasté, par la guerre d’abord qui a détruit les cultures, les vergers et les vignes. Puis, la déportation. Tout ceux qui possédaient un savoir-faire dans le pays ont été enlevés. Car leurs connaissances ne permettent pas seulement des techniques agricoles avancées, mais avant et sur tout la fabrication d’armes. Et l’occupant ne voulait pas qu’en Israël et Juda, on puisse reprendre les armes. Donc, adieu couteaux, adieu socs en fer, adieu tous ces objets en métal qui servent à la maison, à l’atelier, dans les champs et dans les vignes. Retour aux socs en bois et aux couteaux en silex, retour à l’âge de pierre. Lire la suite

Mais qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu ?

Lectures : AT: És.5,1-7 Epître: Rom.5,1-5(6-11)
Evangile: Jn.3,14-21
Pr : Rom.5,1-5(6-11)
« Qu’est-ce qu’on a fait au bon dieu ? » Vous avez peut-être vu ce film, au cinéma ou à la télé. Un film qui invite à rire de bon cœur parce que les filles de ces braves catholiques franco-français leur ramènent des gendres juif, musulman, chinois et – catholique mais noir.
Cependant, j’entends souvent cette question, et dans des circonstances absolument pas ridicules. Qu’est-ce que j’ai fait au bon Dieu pour mériter ce qui m’arrive ? C’est alors un vrai cri du cœur, un cri dans lequel se mêlent la souffrance, l’incompréhension et la déception.
Aujourd’hui, ce même cri du cœur peut être motivé par la crise sanitaire que vit le monde, et son impact sur nos vies. Pourquoi cette maladie circule-t-elle, pourquoi m’empêche-t-elle de vivre ma vie comme avant, d’aller voir mes amis, mes enfants, mes petits-enfants, pourquoi faut-il interdire l’école aux enfants, pourquoi… Lire la suite

Changer de vie

Chants : ARC 89 ; 562 ; 571 ; 575 ;
Lectures : AT: És. 42,1-9 Epître: Rom. 12,1-8
Evangile: Mt.3,13-17 = pr.
Pr : Mt.3,13-17 (lu à la fin)
Il est là, au bord du Jourdain, et souvent au milieu du fleuve. Jean, celui qu’ils appellent le baptiseur. Là, loin des grandes villes, loin de la capitale, il a élu domicile. Altermondialiste avant l’heure, il se vêtit d’une cotte en poil dur et se nourrit de ce qu’il trouve dans la nature. Et il parle. À haute voix. C’est dur à entendre, ce qu’il dit, quand il traite les gens de tous les noms et leur dit à quel point ils sont à côté de la plaque. On peut dire que plus ils se croient corrects et respectables, plus Jean les descend dans la boue. Peu imaginable, qu’ils viennent de loin pour l’écouter et pour se faire rabaisser.
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au creux de Galilée

Chants : ARC 118, 1.4.5.6 ; 480 ; 475 ; 471 ; 477 ; 890

Lectures : AT : 1Sam. 2, 1-2.6-8a

Epître : 1Cor 15, 1-11 Évangile : Mc 16, 1-8

PR : Mt 28, 1-10

Tout était prévu, tout était fixé et ficelé. Elles avaient tout surveillé, comment le corps de Jésus avait été embaumé selon les règles, dans la mesure du possible alors que le Sabbat arrivait et qu’on n’avait pas le temps, et que le tombeau était bien fermé. Joseph d’Arimathie s’en était occupé, mais elles avaient tout observé.

La partie adverse, les détenteurs du pouvoir religieux et public, avaient également pris leurs dispositions. Certes, ils n’avaient pas osé envoyer un surveillant pour s’assurer que Jésus était bien embaumé, que le caveau était bien fermé. Mais ils avaient obtenu une garde militaire devant la sépulture. Ah, ils s’en souvenaient, qu’il avait annoncé de revenir après trois jours. Il fallait bien qu’on garde son corps, afin de couper l’herbe sous les pieds d’un éventuel usurpateur venant se présenter comme Jésus. N’avait-on pas entendu parler d’un jumeau ? Non, on ne devait pas prendre de risque, il fallait surveiller la tombe.

Durant le jour du Seigneur, tout est resté calme. Évidemment. Aucun juif n’oserait violer le Sabbat. La grande pierre est bien restée à sa place. Le soir est tombé, la deuxième nuit. Et voilà. La semaine commence. Et les femmes reviennent, pour continuer et accomplir ce qui avait été fait hâtivement l’avant-veille.

Il y a des jours que rien ne va comme prévu. Lire la suite

non au sacrifice

Chants : ARC 620 ;  ; 430

Lectures : AT : =pr.

Epître : Hébr 5, 7-9 Évangile : Mc 10, 35-45

PR : Gen 22, 1-13

Il y a des textes dans la Bible que nous connaissons tous depuis l’École Biblique, mais que nous trouvons probablement tous horribles. Un de ces textes nous est donné pour ce dimanche.

Oui, ce texte est horrible. Comment Dieu peut-il demander à un père de sacrifier son enfant ? Comment peut-il demander à celui avec qui il a conclu une alliance, de tuer l’enjeu majeur de cette alliance ?

A différents endroits dans la Bible, il est fait allusion à ce texte. Entre autres, pour montrer à quel point Abraham est obéissant. Qu’il préfère obéir à un ordre qui lui tord le cœur, plutôt que de raisonner, de dire à Dieu, « eh, vieux, t’as certainement oublié, mais, si le p’tit là, s’il n’est plus là, comment veux-tu que j’aie des petits-enfants et toute cette descendance que tu m’avais promis ? » Lire la suite