respecter les saisons de Dieu

Chants : ARC 228 ; 119, 1-3 ; 525 ; 426

Lectures : AT : És. 55,1012a

Épître : Hébr. 4, 12-13 Évangile : Lc 8, 48(9-15)

PR : Mc. 4, 2629

Voilà un texte pour les jardiniers parmi nous. Je n’en suis pas trop, ce qui me réussit le mieux ce sont les mûres sauvages – il suffit de ne rien faire et vous aurez une récolte abondante.

C’était ma première lecture du passage : au printemps du sèmes, en automne tu récoltes, et entre les deux tu ne peux rien faire pour soutenir la croissance, donc tu attends, tu te reposes, ou tu fais autre chose. Lire la suite

indigne – ou juste remis à sa place ?

Chants : ARC 223,1-4 ; 143 ; 423 ; 539

Lectures : AT : Jér. 9,22-23

Épître : 1Cor. 9, 24-27 Évangile : Mt 20, 1-16a

PR : Lc. 17, 7-10

La parabole des serviteurs inutiles est un des passages les plus durs à digérer de tous les évangiles. Elle nous paraît à des années lumière du message du Dieu d’amour qui ne veut pas être un maître-esclavagiste mais un père.

Or, il y a deux types de lectures bibliques que nous risquons facilement de mal comprendre : celles qui nous arrangent, et celles qui nous contrarient. Le remède, dans les deux cas, est une étude approfondie du texte.

Plusieurs traductions contemporaines essaient de réduire la cruauté du passage, notamment du mot « inutile ». La TOB le rend par « serviteurs quelconques », la Bible en Français courant dit carrément « de simples serviteurs », et Maurice Carrez, éditeur du Nouveau Testament interlinéaire, traduit par « non indispensables ». Sauf que le grand dictionnaire nous apprend que le mot en question a bien le sens « inutile, bon à rien », peut-être pour notre verset aussi « misérable, indigne, sans valeur » (mais dans un sens non moralisateur). Mais attention, quand on insinue un sens particulier pour un seul texte, il faut bien veiller à ne pas falsifier le texte selon nos idées ! Lire la suite

qui suis-je ?

Chants : ARC 97 ; 891 ; 427 ; 471 (après la Cène)
Lectures : AT : =PR.
Épître : 2Cor. 4, 6-10 Évangile : Mt 17, 1-9

PR : Ex. 3, 1-14
C’est une de ces histoires qu’on raconte autour du feu. Et aussi un moment décisif dans l’histoire des descendants de Jacob qu’on nomme Israël. Voyons donc le prince adopté, tiraillé entre deux peuples et deux cultures, fugitif pour avoir commis un crime capital, qui garde maintenant les brebis et les chèvres d’un prêtre madianite qui est aussi son beau-père – ce qui lui ajoute une troisième culture. Il traverse les steppes, et sur la montagne sacrée découvre un buisson en feu. « Je veux », dit-il, aller voir.

Et là, oyez vous qui voyiez, du buisson on l’appelle. Et il répond « me voici ». Il se voile le visage, il ne voit plus rien. Il ne voit pas Dieu qui se voile des flammes, se retire à la vue pour se révéler en parole. Lire la suite

Justification

Aujourd’hui je ne vous lis pas de texte. C’est l’année des 500 ans de la Réformation, comme on dit, et je veux réfléchir avec vous de ce thème central : comment obtenir la grâce de Dieu ? Comment être justifié devant Dieu ?

C’est intéressant que les deux questions, dans notre système juridique actuel, sont presque contradictoires. Celui qui est justifié, donc rendu ou déclaré juste, sera libre de sortir du tribunal. L’autre, qui cherche à obtenir grâce, a été condamné. La grâce, nous l’avons entendu il y a quelques mois quand il s’agissait de Mme Sauvage, la grâce, c’est une libération non pas par la sentence du juge, mais malgré la condamnation.

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Heureux qui peut croire

Chants : ARC 96 ; 628 ; 629 ; 607

Lectures : AT : 2Rois 5, (1-8)9-15(16-18)19a

Épître : Rom. 1, (1415)1617 Évangile : Mt 8, 5-13

PR : Jn. 4, 4654 lu plus tard

Jésus a fêté la Pâque à Jérusalem, puis traîné un peu par-ci et par-là, avant de quitter la Judée. Il a discuté avec la femme au puits, et maintenant il est de retour en Galilée. Écoutons le récit de Jean 4, 46-54.

Cana n’est pas loin de Nazareth. Pour descendre à Capharnaüm, il faut prévoir la journée. Si l’officier romain prie Jésus de faire ce chemin, ce n’est donc fort probablement pas pour obtenir un spectacle particulier. Au contraire, c’est par amour pour son fils, et souci de sa vie. L’évangéliste nous dit bien que le fils est mourant. Et pourtant, Jésus semble refuser la demande, comme si c’était une blague ou comme si on lui avait demandé de faire voler un bout de bois ou de faire disparaître une verrue sur la main. « Si vous ne voyez pas de miracles et de signes, vous ne croyez donc rien. » Lire la suite

Et la lumière est là !

Chants : ARC 72 ; 542 ; 316 ; 606

Lectures : AT : És. 42, 1-4(5-9)

Épître : Rom. 12, 1-3(4-8) Évangile : Mt 3, 13-17

PR : Mt. 4, 12-17

Le baptême de Jésus a eu lieu, au bord du Jourdain près de Jérusalem. Puis, Jésus a été amené dans le désert pour se confronter aux tentations diaboliques. Et voilà qu’il en est revenu. Et qu’il apprend que Jean a été arrêté.

Jésus retourne alors en Galilée. C’est certainement plus prudent : loin de Jérusalem, loin de la police d’Hérode. Matthieu nous avait raconté que pour la même raison, Joseph avait choisi Nazareth comme résidence au retour de l’exile égyptien.

Mais Jésus ne s’installe pas à Nazareth. Au contraire, il quitte la montagne et s’installe à Capharnaüm, au bord de la mer de Galilée, comme on appelle le lac de Génésareth. Lire la suite

Témoin non oculaire

Chants : ARC 367 ; 380 ; 552 ; 593

Lectures : AT : És. 60, 1-6  Épître : Eph. 3, 2-6 Évangile : Mt 2, 112

PR : Jn. 1, 1418

Un peu moins de deux semaines après Noël, le calendrier liturgique marque une grande fête qui passe souvent aux oubliettes, alors que le calendrier classique la valorisait plus que Noël : l’Épiphanie, la Fête de l’apparition du Seigneur. C’est le 6 janvier. Les dimanches suivants sont comptés « après l’Épiphanie », pas « après Noël ». Et le calendrier classique ne connaît pas de « dimanche ordinaire »…

Pour ce jour de l’Épiphanie, nous est proposé pour la prédication la fin de l’ouverture de l’Évangile selon Jean. L’Évangéliste a parlé de « la lumière », il a introduit Jean qui n’est pas la lumière mais qui la désigne, et il revient au terme de « la parole ». C’est comparable à un opéra baroque ; l’ouverture a été jouée par l’orchestre, et devant le rideau encore fermé s’est présenté un homme qui va nous donner l’introduction à la scène et à ce que nous allons voir et découvrir. C’est Jean le Baptiste. Mais bizarrement, alors que Jean y est déjà et s’apprête à prendre la parole, l’auteur lui-même monte sur scène et nous explique qui est Jean, et que Jean n’est pas le héros du spectacle. Lecture du texte. Lire la suite