bâtir l’Église

Chants : ARC 562; 67 ;  ; 537 ;
Lectures : AT : És. 43, 1-7
Épître : (Rom. 6, 3-8(9-11)) Évangile : Mt 28, 16-20
PR : 1Pierre 2, 2-10

Comment est-ce qu’on construit une Église ? L’apôtre Pierre nous en fait le récit. Ce n’est pas tout à fait son domaine, il est pêcheur de métier, néanmoins la construction qu’il nous présente se tient.
Qu’est-ce qu’il faut pour construire une maison stable ? Des pierres. Et un fondement.
De nos jours, le fondement est coulé en béton. Mais c’est une technique récente, les vieilles maisons, tout comme ce temple, n’ont pas de dalle en béton mais des fondements classiques, des pierres de fondation. Sur ces pierres repose toute la construction, elles sont donc particulièrement importantes car si elles sont trop fragiles, la maison sera fragile, et remplacer une pierre de fondation est quasiment impossible. Lire la suite

persévérez

Chants : ARC 252; 99 ;  ; 540 ;
Lectures : AT : Gen. 12, 1-4a
Épître : (1Cor. 1, 18-25) Évangile : Lc 5, 1-11
PR : 2Thess. 3, 1-5

Ce passage serait un beau texte pour le dimanche des missions. Il souligne à merveille le lien qui doit exister entre les communautés existantes et les missionnaires, un lien de prière des uns pour les autres, et d’encouragement mutuel.
Les missionnaires ont besoin de ce soutien, parce que les populations auxquelles ils s’adressent, ne les ont pas attendus. Là où ils arrivent, existent des cultures, des croyances, et ceux qui se sentent bien dans leur religion, n’ont pas envie d’entendre autre chose qui les forcerait à changer toute leur vie. Il faut donc que l’Esprit de Dieu les rende attentifs au message de l’Évangile.
Notre prière est leur soutien, parce qu’elle incite l’Esprit de Dieu à agir avec ardeur. Et aussi parce que les missionnaires, se sachant soutenus par les communautés en prière, ne baisseront pas les bras. Mais c’est presque secondaire, puisque Dieu seul peut changer les cœurs des hommes.
Nous aussi, communauté chrétienne établie en troisième et quatrième génération, nous avons besoin du soutien des missionnaires. Besoin de leurs encouragements, de leur prière pour nous. Nous n’avons plus l’ardeur pétillante des nouveaux convertis, la verve de jeunesse n’y est plus. Nous vivons la foi de façon plus écumée, calme… mais avec le risque de glisser dans une routine mortifère. Lire la suite

vivre en paix

Chants : ARC 261; 235 ;  ; 528 ;
Lectures : AT : Gen. 50, 15-21
Épître : (Rom. 14, 10-13) Évangile : Lc 6, 36-42
PR : Rom. 12, 17-21

Les textes du dimanche dernier nous ont assurés de la réconciliation avec Dieu : de son pardon. Aujourd’hui, nous allons plus loin. Quelles sont les conséquences de cette réconciliation ?
Mais la difficulté de ce passage est que ça paraît tellement évident. Bien sûr, c’est ce qu’il faut faire. Être en paix avec tout le monde, tant que possible, et faire du bien à tout un chacun. Mais bien évidemment !
Là où ça se complique, c’est la vie pratique. Nous nous emportons plus ou moins vite, mais qui peut dire qu’il ne se met jamais en colère ? Qu’il laisse toujours à Dieu le choix de la colère et vengeance – ou le choix de laisser passer l’offense ?
On ne négocie pas, on s’impose. On combat. On rend le mal pour le mal, ou même on rend le mal avant même que l’autre n’ait rien fait. Le bien pour tous ? Le bien pour moi, c’est prioritaire !
Dans la vie, il faut être fort. Il ne faut pas se laisser faire, si on ne veut pas se faire écraser. Il ne faut pas se laisser marcher sur les pieds, il faut s’affirmer. Et il faut montrer aux autres qui est le maître ! Lire la suite

libéré du passé

Chants : ARC 103, 1.2.4.7 ; 602 ;  ; 277 ;
Lectures : AT : =pr.
Épître : 1Tim 1, 12-17 Évangile : Lc 15, 1-10
PR : Ez. 18, 1-4.21-24.30-32

Dans le 18e chapitre du prophète Ézéchiel, nous trouvons les reflets d’une pensée qui est encore bien vivante de nos jours : pour chaque mauvaise action, il faut que quelqu’un paie. Et il faut que les enfants paient pour les malfaits de leurs parents.
Dieu, par la bouche du prophète, répond à cette exigence du peuple, et il la refuse. Justement il ne faut pas que les enfants portent la tare des actes de leurs parents, dit-il, et c’est exprimé par cette jolie image des parents qui mangent des raisins acides, et les enfants qui en ont les dents agacées. Non, dit Dieu, je ne veux pas ça. Et vous me traitez d’injuste parce que je fais selon mes règles – mais en fait, c’est vous qui n’êtes pas corrects.
Les enfants n’héritent plus des conséquences des actes de leurs ancêtres. C’est un point que les gens ne comprennent pas. Mais il y en a un autre, qui est encore plus grave, et que bon nombre de nos concitoyens, 2500 ans plus tard, n’accepteraient pas plus que les Judéens exilés du temps d’Ézéchiel. Un point qui va droit contre notre sentiment de justice. Lire la suite

Tout à tous

Chants : ARC 36 ; 774 ; 538 ; 541 ;
Lectures : AT : Es. 55, 1-5
Épître : (Eph. 2, 17-22) Évangile : Lc 14, 16-24
PR : 1Cor. 9, 16-23
Dans ce chapitre 9, Paul explique que tout
ouvrier mérite salaire (tiens, c’est moderne!), et que lui, qui annonce l’Évangile, aurait tous les droits de demander aux Églises de le nourrir, loger, blanchir. Tiens, il parle de presbytère et de salaire de pasteur. C’est bien, je vais pouvoir vous en toucher un mot… ou bien, je laisse au trésorier le plaisir de vous annoncer l’état de nos finances…
Peut-être le fera-t-il juste avant l’offrande. Paul continue en disant que pour éviter tout malentendu, il renonce à ce droit. Qu’il travaille de ses mains pour se nourrir. Bon… il y a des Églises qui ont des pasteurs travaillant à côté, mais qui sont donc beaucoup moins présents dans la vie quotidienne des fidèles. C’est un choix de notre Église de ne pas suivre ce modèle. Or, dit Paul, et là nous arrivons dans notre passage, l’annonce de l’Évangile n’est pas pour moi un loisir. Je n’en ai justement pas de bénéfice. Si je le faisais par moi-même, je demanderais une indemnisation. Pour le temps investi, pour les frais engagés. Mais… ce n’est pas un loisir pour moi. C’est une corvée. Et donc, je ne demande rien aux Églises.
Une corvée. Un devoir auquel il ne peut point se soustraire. Ça paraît peu joyeux, peu compatible avec la liberté que nous apporte, dit-on, la Bonne Nouvelle de Jésus-Christ. C’est pourtant ce que dit Paul. Lire la suite

Écoute, Israël…

Chants : ARC 151 ; 607 ; 761 ; 523 ;
Lectures : AT : =pr.
Épître : 1Jn. 4, 16b-21 Évangile : Lc 16, 19-31
PR : Dtn. 6, 4-9

Ma grand-mère avait un beau meuble de salon avec des portes vitrées. Mais on ne voyait pas la belle vaisselle dans le meuble, parce que les vitres étaient entièrement couvertes de photos. C’est là que j’ai fait la connaissance de mon arrière-grand-mère, chère à l’enfance de ma mère, et de mon arrière-grand-père mort en 1920 quand ma grand-mère n’avait que 7 ans.
Souvent lors de visites chez les personnes âgées, je vois un mur de cuisine ou de salon couvert de photos des enfants, petits-enfants, arrière-petits-enfants. Parfois aussi les photos en noir et blanc, légèrement jaunis ou déjà faits en couleur sépia, des parents et grands-parents.
Et chez nous, comme dans beaucoup de famillles probablement, les petits aimants sur le frigo retiennent la liste des courses, le rendez-vous de médecin à ne pas oublier, le numéro de téléphone à rappeler dans la soirée… de petits rappels partout.
Et les petits papiers jaunes qui se collent si facilement partout… nous avons tendance à les dénigrer, en les appelant « pense-bête », ou en allemand « pont à l’âne ». Mais c’est injuste. Parce que ces petits objets nous aident à renforcer notre mémoire, à nous souvenir de ce qui est important. Ce n’est point signe de faiblesse, mais au contraire de la volonté de structurer notre souvenir. Et en affichant aux endroits stratégiques ce que nous voulons garder en mémoire, nous créons notre mémoire. Lire la suite

Communion

Chants : ARC 99 ; 568 ; 241 ; 503 ; 614
Lectures : AT : És. 6, 1-13
Épître : Rm. 11, (32)33-36 Évangile : Jn 3, 1-8
PR : 2Cor. 13, 11-13

Une lettre. Une lettre personnelle. C’est ce qui sépare les générations ; les anciens en écrivent, les jeunes préfèrent le mail et le texto, twitter et facebook. Mais il est vrai, une lettre personnelle et attentionnée, écrite à la main, c’est bien autre chose qu’un texto. D’autant plus qu’à l’époque de Paul, on écrivait sur papyrus ou sur parchemin, et l’un comme l’autre coûtait très cher, donc il fallait réfléchir trois fois avant d’écrire une lettre à quelqu’un.
Mais Paul écrit. Il écrit à ses amis à Corinthe, grande ville portuaire. Une ville importante, comme Bordeaux ou Marseille. Et dans cette ville, il y a une petite communauté chrétienne.
Après bien des recommandations et une demande urgente d’aider les chrétiens de Jérusalem – vous voyez, les soucis d’argent dans l’Église ne datent pas d’hier – Paul arrive à la fin. Mais avant d’y mettre le point final, il a encore quelque chose sur le cœur.
Et ce qu’il écrit m’a fait penser à ma grand-mère. Parce que ma grand-mère écrivait des lettres, des lettres remarquables. Aux paroles bien choisies, et d’un doigté sans pareil pour toucher les points sensibles. Aïe. Tu peux faire mieux. Applique-toi donc, que tes résultats s’améliorent ! Lire la suite